Pour un congé de paternité/coparentalité de 15 semaines

21 mars 2022


Pour un congé de paternité/coparentalité de 15 semaines

Résumé

Au cœur de la réforme des congés annoncée par l’accord de gouvernement fédéral devrait se trouver un meilleur équilibre des responsabilités familiales entre les femmes et les hommes[1]. La Directive Work Life balance, que la Belgique doit avoir transposée d’ici le mois d’août 2022, poursuit le même objectif[2].

Pour la Ligue des familles, allonger le congé de paternité/coparentalité, le rendre obligatoire et le rémunérer à 100%, constituent des leviers d’action indispensables pour agir sur les inégalités de genre entre les femmes et les hommes de manière structurelle et positive.

Structurelle, car cela permet de rompre avec les stéréotypes de genre transmis aux enfants qui paraissent figés depuis plusieurs décennies.

Positive, car cela favorise une réelle coresponsabilité parentale entre les hommes et les femmes relative au partage des tâches ménagères, des soins et de l’éducation des enfants. Ces leviers permettent aussi d’agir sur les discriminations dont sont victimes les femmes sur le marché du travail et ont impact positif sur leur santé suite à la naissance d’un enfant.

Mais ces leviers d’action ont aussi des effets sur les enfants. En effet, cela permet aux pères et aux enfants de passer davantage de temps ensemble dès les premiers moments de vie. Les pères qui prennent des congés parentaux restent impliqués dans l’éducation de leurs enfants sur le long terme. Les enfants jouissent d’une meilleure santé et présentent de compétences cognitives et émotionnelles plus élevées. Un partage égal du congé de paternité et de maternité favorise donc le bien-être de l’ensemble de la famille

Dès lors, comme première étape, la  Ligue des familles plaide pour allonger le congé de paternité/coparentalité à 15 semaines (et ainsi le rendre équivalent à celui de la mère) et le rendre en partie obligatoire.

 


[1] La Vivaldi précise qu’elle « lance une consultation avec les partenaires sociaux sur la simplification, l’harmonisation et l’optimisation des différents systèmes de congés, en accordant une attention particulière aux motifs de congé liés aux soins et à la conciliation de la vie professionnelle et familiale ». Elle entend « réformer les différents régimes de congés pour les parents afin de permettre une répartition plus équilibrée, entre les hommes et les femmes, de l’accueil et des soins aux enfants ».

[2] L. Galer “La Directive Work-Life-Blance” l’Europe à l’épreuve de la conciliation vie priée-vie professionnelle, juillet 2019 et P. Foubert, A. Friends, “De nieuwe Europese Work-Life Balance Richtlijn: Een kans voor België om nog beter te doen”, 2020,

Revue de droit social (Bruxelles), 2020 (1) ,p. 1 -47.

Lola Galer, chargée d'études et action politique à la Ligue des familles

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