Actualités
Voici les conditions et les démarches à effectuer pour continuer à percevoir des allocations de chômage pendant 12 mois si vous êtes aidant proche d’un·e enfant ou d’un·e adulte en situation de handicap ou gravement malade.
Depuis la mi-avril 2025, la Ligue des familles et de nombreuses associations, dont Aidants Proches ASBL, ont multiplié les alertes relatives aux aidants proches exclus du chômage. Enfin, le 26 février 2026, la majorité Arizona a décidé de mesures qui permettront à certains aidants proches (pas tous) de continuer à percevoir leurs allocations pendant 12 mois.
La décision prise est largement insuffisante : certains aidants proches pourront conserver des allocations de 761€/mois, d’autres perdront plusieurs centaines d’euros par mois. De nombreux aidants proches – toutes celles et tous ceux qui ne vivent pas en couple avec une personne qui a des revenus du travail – devront tout de même frapper à la porte du CPAS pour obtenir un complément de revenu.
Si vous êtes aidant proche et que vous rentrez dans les conditions détaillées ci-dessous, il est important que vous effectuiez les démarches nécessaires pour activer votre dispense de recherche d’emploi, qui vous permettra de continuer à percevoir des allocations de chômage. Même si ces allocations sont insuffisantes et que vous devez ensuite vous tourner vers le CPAS pour un complément de revenu. C’est fondamental pour ne pas fragiliser votre future pension.
Quelles sont les démarches à faire ?
Ces démarches à faire dépendent de si vous êtes aidant proche :
- D’un·e membre de votre ménage et/ou de votre parent ou allié au 2e degré qui est gravement malade
- D’un·e enfant en situation de handicap donnant droit à des allocations familiales majorées
- D’un·e proche gravement malade ou en handicap lourd qui n’est pas dans les options 1 ou 2.
Toutes les démarches sont expliquées en détail sur le site de l’ONEM à cette page. Nous vous en expliquons l’essentiel ci-dessous.
Y a-t-il d’autres démarches que la demande de dispense à faire ?
- Si vous êtes « cohabitant·e » (vous vivez avec une personne qui a des revenus autres que chômage) : seule la démarche « dispense » est nécessaire.
- Si vous êtes dans une autre situation familiale (vous cohabitez avec une autre personne au chômage, vous vivez seul·e, ou vous êtes seul·e avec famille à charge) : prenez rendez-vous avec votre CPAS pour ouvrir un droit au revenu d’intégration. Attention, demander une dispense aidant proche reste important en parallèle.
Attention, les personnes qui pouvaient combiner leurs allocations de chômage avec des journées de travail dans le mois et qui devront aller au CPAS seront désincitées à continuer à travailler plus d’un ou deux jours par mois.
Qu’en pense la Ligue des familles ?
Tout aidant proche pour qui il y aura une solution, c’est un soulagement. Mais 761 € par mois (ou pire, 380 € par mois pour les demi-allocations), ça ne permet pas de vivre de façon décente. La Ligue des familles regrette profondément que le gouvernement n’ait pas trouvé une solution qui, a minima, préserve les revenus de tous les aidants proches.
La chute de revenus est la plus importante pour les familles monoparentales : au chômage, elles recevaient jusqu’à 1774 € par mois. Avec 761 € par mois, elles perdent près de 1000 € de revenus mensuels et devront aller au CPAS pour demander une aide.
Mais il y a aussi des chutes de revenus pour les aidants proches qui vivaient seuls, ou ceux en couple avec un autre personne au chômage. Eux et elles aussi devront se diriger vers le CPAS, ce qui, outre la perte de revenus, entrainera de nouvelles démarches, procédures et contrôles dans une vie déjà accaparée par les difficultés. Et ceux et celles qui n’iraient qu’au CPAS sans demander la dispense se verront sanctionnés dans leur pension future.
Le fait que les aidants proches ne puissent conserver leurs allocations de chômage que pendant 12 mois est aussi un énorme problème. Cela reporte le problème à plus tard et nous n’avons toujours pas la certitude qu’il y aura, dans 12 mois, un vrai statut avec des revenus décents pour tous les aidants proches.
La situation est tout particulièrement difficile pour les parents solo qui pouvaient un peu travailler en parallèle de leur aidance. Au CPAS, il ne leur sera plus possible de combiner jours de travail et jours avec allocations, comme c’était le cas au chômage. Ils seront incités financièrement à quasiment arrêter le travail : au-delà d’une exonération, le CPAS déduire leurs revenus professionnels du revenu d’intégration versé en fin de mois. La Ligue des familles regrette profondément que le gouvernement ait trouvé une solution qui, tout particulièrement pour les familles monoparentales, va renvoyer des mères solo qui prennent soin d’un·e proche à presque 100% à la maison.
Le fait que les jeunes aidants proches (par exemple d’un parent gravement malade), sous allocations d’insertion, soient exclus sans pouvoir bénéficier d’un sursis pose aussi problème, alors que le Ministre Clarinval avait annoncé une solution pour eux aussi.
D’autres questions par rapport à votre chômage ou cette dispense ?
Si vous avez d’autres questions sur votre situation personnelle, le mieux est de vous adresser directement à votre organisation syndicale. C’est elle qui est la mieux placée pour vous accompagner dans vos démarches.
La Ligue des familles continuera de se mobiliser pour un réel statut, adapté aux différentes situations d’aidance, qui garantisse aux aidants proches une vie digne évitant tout risque de pauvreté.