Communiqué de presse
La Ligue des familles se réjouit que la situation évolue mais garde des questions et inquiétudes
Depuis avril, la Ligue des familles dénonçait l’impact dramatique de l’exclusion du chômage pour les parents d’enfants en situation de handicap et les autres aidants proches. Elle se réjouit que le gouvernement annonce enfin une solution. Actuellement, peu de détails sont disponibles.
La Ligue des familles sera attentive à quatre éléments : est-ce que tous les aidants-proches conserveront leur rémunération et leurs droits à la pension, y compris les familles monoparentales ? Est-ce qu’il y a une solution pour tous les aidants-proches ? Et est-ce que cette solution est durable dans le temps ? Enfin, les aidants-proches déjà exclus du chômage en janvier pourront-ils récupérer un revenu ?
"Chaque aidant-proche pour lequel une solution est trouvée, c'est une très bonne nouvelle et un soulagement", indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. "Mais nous restons attentifs car la communication du gouvernement ne permet actuellement pas de savoir si tous les aidants proches seront sauvés. Qu'en sera-t-il par exemple des aidants-proches parents solo ? De la conjointe d'une personne en situation de handicap ou gravement malade ? Surtout : les aidants-proches sont-ils définitivement assurés de maintenir leur revenu ? Ou s’agit-il de reculer de quelques mois le sursis sur leur tête ?"
On peut lire çà et là que le revenu des aidants-proches doublera. Attention, ce sera très rarement le cas. D’après ce que comprend la Ligue des familles, ceux qui bénéficient actuellement de la dispense de recherche d'emploi, c'est-à-dire très peu d'aidants-proches, recevront 746€/mois au lieu de 390€ aujourd’hui. Mais les autres aidants proches au chômage, au mieux, conserveront leur revenu. Tous ? Cela fait partie des questions qui restent ouvertes :
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Quel revenu pour les familles monoparentales?
Le ministre Clarinval avait proposé la semaine dernière d’assurer aux aidants proches un revenu équivalent à l’allocation de chômage au taux cohabitant, c’est-à-dire 746€ par mois. Si c’est sur cette mesure que le gouvernement s’est accordé, qu’en sera-t-il des familles monoparentales qui prennent soin d’un enfant ou d’un proche en situation de handicap ou gravement malade ? Elles ne pourront vivre avec cette somme. Si elles vont au CPAS, elles percevront davantage mais elles perdront leurs droits à la pension. Et si elles se remettent en couple, elles perdront tout revenu. La Ligue des familles demande au gouvernement fédéral de garantir que la solution trouvée ne pénalisera aucun aidant-proche dans ses droits à pension.
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Une solution pour tous les aidants proches ou pas?
Tous les aidants-proches pourront-ils bien bénéficier de la solution trouvée ? Actuellement, les personnes aidant leur parent, leur frère ou sœur, leur conjoint·e… en situation de handicap lourd ne peuvent pas activer la dispense de recherche d’emploi accessible aux aidants-proches. De même, les aidants-proches qui auraient déjà épuisé des dispenses de recherche d’emploi dans le passé ne pourraient pas les activer. La Ligue des familles appelle à ce que la solution trouvée évite toute discrimination : tout aidant proche, qui assume des charges de soins lourdes, doit pouvoir être protégé dans ses revenus actuels.
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Quelle solution à long terme?
Les aidants-proches sont-ils définitivement assurés de maintenir leurs revenus actuels ? Jusqu’à récemment, certaines pistes sur la table, inaccessibles à de nombreux aidants-proches, ne leur donnaient qu’un répit de maximum 12 mois. Jusqu’à ce qu’ils puissent bénéficier d’un véritable statut avec un revenu décent ? Quelles garanties le gouvernement donne-t-il à ce sujet ? La Ligue des familles appelle à libérer définitivement les aidants-proches du sursis et de l’épée de Damoclès qui repose aujourd’hui sur leurs épaules.
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Quelle solution pour les aidants-proches déjà exclus du chômage en janvier ?
Certains aidants-proches ont déjà été exclus, au 1er janvier 2026. La Ligue des familles appelle instamment à ce que ces personnes puissent rapidement recouvrir leur droit à une allocation qui les préservera de la précarité financière.
La Ligue des familles attend des clarifications du gouvernement à ces sujets et espère être rassurée quant à la prise en compte, enfin, de toutes ces situations familiales.