Communiqué de presse
Hier dans QR le débat sur la RTBF, le Ministre de l’Emploi David Clarinval (MR) a indiqué que les aidants-proches pourraient prolonger d’un an leur statut. La Ligue des familles alerte : cela ne constitue aucunement une réponse aux situations qui ont fait l’actualité ces dernières semaines. Les parents d’enfants en situation de handicap resteront malheureusement bien exclus du chômage.
Sur le plateau de QR hier, le Ministre Clarinval a eu ces mots : « Les aidants-proches, c’est une question qui nous touche beaucoup et personnellement je connais des situations fort proches de moi donc soyez bien conscient que c’est quelque chose qui ne nous échappe pas et sur lequel on est vraiment bien conscient. Dans la réforme actuelle, il est prévu que celles et ceux qui ont le statut d’aidant proche peuvent le prolonger jusqu’à un an et j’invite les gens à le faire ».
Plus tard, alors que le journaliste Sacha Daout l’interrogeait sur le risque de perte de revenus des aidants-proches (« Vous ne pouvez pas garantir à ce qu’ils ne soient pas victimes ? »), le ministre a dû répondre « non », puis il a fini par dire qu’il leur restait les CPAS, ce qui les ferait dégringoler dans la pauvreté. Le revenu du CPAS n’est pas accessible à tous les exclus du chômage (la grande majorité des cohabitants n’y ont pas droit), et ceux qui y ont accès voient leurs revenus chuter par rapport à ceux qu’ils avaient au chômage, alors que ceux-ci les maintiennent déjà pour la plupart sous le seuil de pauvreté.
Ce n’est pas un statut d’aidant proche que le ministre prolonge, mais une dispense de recherche d’emploi, qui ne fonctionne absolument pas
En réalité, comme l’a signalé Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles, sur le plateau, il n’existe pas de statut d’aidant-proche pour les personnes au chômage qui doivent s’occuper d’un proche gravement malade ou en situation de handicap. Il existe seulement une dispense temporaire de recherche d’emploi. C’est à cette dispense que le Ministre fait référence. Et celle-ci est si peu adaptée aux besoins des familles que pour la Belgique entière, moins de 50 parents d’enfants en situation de handicap l’activent annuellement (chiffres 2024 de l'ONEm, communiqués à Aidants Proches ASBL). Cette dispense est horriblement mal conçue, restrictive et limitée. Elle ne peut être ouverte que durant 48 mois au plus sur une carrière – un temps relativement court pour élever un enfant en situation de handicap. Elle n’est pas accessible aux aidants-proches d’un conjoint ou d’un parent en situation de handicap. Le handicap doit être tout particulièrement lourd (66% au moins) pour pouvoir activer la dispense. Et surtout : activer cette dispense fait très lourdement chuter les revenus mensuels : les personnes concernées passent de leurs allocations de chômage à… 390€ par mois. Leurs revenus sont divisés par deux à presque cinq selon les cas !
Les parents qui suivraient le conseil du Ministre perdraient encore plus de revenus
Si les parents d’enfants en situation de handicap suivaient les conseils du Ministre Clarinval et demandaient la dispense de recherche d’emploi, ils obtiendraient un revenu largement diminué par rapport à leur situation actuelle, et pour certains, encore plus bas qu’au CPAS. Ainsi, si une maman solo d’un enfant en situation de handicap lourd suivait les consignes données par le ministre (demander la dispense), elle perdrait… 1386€ par mois par rapport à ce qu’elle aurait en étant exclue du chômage et renvoyée au CPAS.
10 mois d’alertes, et toujours rien
Cela fait 10 mois que la Ligue des familles alerte David Clarinval, vice-premier Ministre et Ministre de l’Emploi (MR), Maxime Prévot, Vice-Premier Ministre (Les Engagés, et les différents partis de l’Arizona à propos de la détresse des aidants-proches et de l’absence de solution sérieuse existante. Et toujours aucune solution pour ces familles : un renvoi à des dispositifs existants inefficaces d’un côté, à une proposition de résolution (qui n’est pas une proposition de loi et ne change donc rien concrètement à la situation de ces familles) de l’autre…
Un traitement aussi léger de douleurs profondes et d’angoisses de familles en risque de tomber dans la misère est inhumain. Nous appelons le gouvernement à se ressaisir : il reste un mois avant la prochaine vague d’exclusion et des drames humains pour des centaines de familles. Il est urgent de préserver au plus vite tous les aidants-proches de toute perte de revenus en les préservant intégralement dans leurs droits au chômage actuels, jusqu’à ce qu’un statut adéquat soit mis en place.