Communiqué de presse
La ministre de l'Education a indiqué ce mercredi au parlement qu'elle ne connaissait pas la méthodologie de l'enquête de la Ligue des familles et d'Ecole à table menée auprès des écoles défavorisées sur les repas scolaires. Pour la Ligue des familles et Ecole à table, qui avaient communiqué l'étude avec tous ses détails méthodologiques à son cabinet, il s'agit surtout d'une façon de ne pas répondre sur le fond. Et, comme c'est le cas depuis le début dans ce dossier, d'éviter de faire face aux conséquences dramatiques des décisions budgétaires du gouvernement pour les enfants précarisés.
Interrogée ce mercredi au Parlement à propos de l'étude de la Ligue des familles et Ecole à table sur le sort des repas scolaires à destination des élèves les plus précarisés, la Ministre de l'Education Valérie Glatigny a affirmé avoir pris connaissance de ses résultats, mais a refusé d'en attester les constatations : "Ne connaissant pas la méthodologie de cette étude, je ne suis pas en mesure d'en confirmer les résultats", a-t-elle indiqué.
La Ligue des familles et Ecole à table ont pourtant adressé cette étude directement à son cabinet le jour de sa publication, le 30 septembre. La méthodologie figure aux premières pages du rapport : la Ligue des familles et Ecole à table ont directement questionné les écoles concernées (jusqu'à l'année dernière) par le dispositif de repas gratuits et plus de la moitié d'entre elles leur ont répondu. L'échantillon est donc très solide.
Il faut noter qu'en parallèle, la ministre n'a pas organisé d'évaluation des conséquences de sa propre réforme.
"Il n'y pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. On peut discuter des mesures, de leurs impacts, constater des désaccords. Mais ici, il s'agit juste d'une manière de ne pas répondre sur le fond. Car le fond du dossier est bien que, dans les faits, l'écrasante majorité des enfants les plus précarisés n'ont plus accès aux repas scolaires, en raison des décisions du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles" indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles.
Depuis le début, la ministre refuse de reconnaître les conséquences de ses choix budgétaires concernant les repas scolaires
Lorsque la Ligue des familles avait indiqué que le budget de 21,4 millions € dédié aux repas pour les enfants défavorisés était supprimé et remplacé par une hausse de 8,2 millions € des moyens de fonctionnement complémentaires de l'encadrement différencié (diluant dès lors beaucoup moins de moyens dans davantage d'écoles), la ministre avait déjà réfuté ce constat - pourtant visible dans les tableaux budgétaires déposés au Parlement par son gouvernement. Elle prétendait alors dans la presse que la Ligue des familles confondait ce chiffre avec une autre ligne budgétaire, les crédits de liquidation… qui pourtant n'affichent pas 8,2 millions €.
De façon constante depuis, la ministre Glatigny a continué à contredire les chiffres budgétaires relatifs aux repas scolaires dans la presse comme devant les parlementaires - qui ont pourtant voté les tableaux budgétaires en question.
Les écoles ont ensuite reçu leurs budgets, qui confirmaient les chiffres mis en évidence par l'associatif, et mois après mois, la catastrophe arrivait. Aujourd'hui, la rentrée est passée et dans des milliers de classes, des enfants ont faim et ne sont plus en situation d'apprendre correctement.
Un véritable dialogue avec le monde de l'école ne peut avoir lieu que sur base de faits
La crise actuelle que vit l'enseignement appelle à une écoute plus grande des acteurs et défenseurs des différentes composantes du monde scolaire. Les constats que la Ligue des familles et Ecole à table amènent visent à éclairer le débat public en faisant entendre les réalités vécues par les familles. Mais les acteurs associatifs ne doivent pas avoir à craindre d’être délégitimés dès lors que ce qu’ils rapportent déplait.
Un véritable dialogue ne peut avoir lieu que sur base des faits. Y compris quand ils ne vont pas dans le sens souhaité par le gouvernement.