Analyses et études

Le marathon de la rentrée scolaire Une lourde charge mentale pour les familles… et les mères

Pour les enfants, la rentrée scolaire marque la fin des vacances. Pour leurs parents, elle signifie souvent tout autre chose : le début d’un véritable marathon. Fournitures à acheter, vêtements et équipements à renouveler, cahiers à recouvrir et à étiqueter, formulaires à compléter, inscriptions aux activités extrascolaires, horaires à organiser… Avant même que les cours n’aient commencé, les familles ont déjà dû mobiliser du temps, de l’argent et une importante énergie mentale pour que leurs enfants soient prêts et équipés. Notre enquête montre à quel point cette période pèse sur les parents, alors que les congés ne riment pas vraiment avec repos quand on a des enfants.

À la fin du mois d’août, seuls 7 % d’entre eux se disent complètement reposés, alors que 77 % se sentent moyennement à très fortement fatigués. Quant à la rentrée en tant que telle, elle pèse sur les familles : plus de 6 parents sur 10 se disent stressés ou débordés par la rentrée. Cette charge mentale s’explique par deux préoccupations : financières d’une part, et organisationnelle/temporelle de l’autre. 80 % des familles sont préoccupées par le coût de la rentrée, et 94 % par le temps et l’organisation qu’elle exige. Près de quatre parents sur dix indiquent avoir consacré plusieurs jours à sa préparation. En moyenne, ils doivent se rendre dans près de quatre magasins différents pour réunir tout le matériel nécessaire, et ce chiffre grimpe à plus de cinq pour les familles disposant de moins de 2200 € par mois. La rentrée ne pèse pas de la même manière sur toutes les familles.

Les parents solos et les familles nombreuses sont davantage exposés au stress et aux difficultés d’organisation. Et les familles disposant des revenus les plus faibles sont tout particulièrement touchées. Et surtout, cette charge n’est toujours pas équitablement répartie entre les mères et les pères. En 2026, ce sont encore très majoritairement les mères qui portent la charge concrète de la rentrée. Dans huit familles sur dix, elles assument principalement ou totalement les tâches qui y sont liées. De ce fait, le vécu de la rentrée varie fortement suivant le genre. Les mères sont 52 % à se déclarer fortement à très fortement fatiguées, contre 35 % des pères ; 65 % sont au moins moyennement stressées, contre 52 % des pères ; et 37 % se sentent fortement à très fortement débordées, contre 27 % des pères. La rentrée scolaire est ainsi un révélateur fort d’une répartition encore profondément genrée du travail parental. Les pouvoirs publics peuvent agir pour mieux soutenir les familles – et tout particulièrement les mères – face à la charge de la rentrée scolaire. Lorsque l’école prend en charge la fourniture du matériel scolaire de base, les impacts sur la charge reposant sur les familles sont particulièrement significatifs. Les familles consacrent moins de temps à préparer la rentrée et doivent faire significativement moins de magasins. Et les parents eux-mêmes plébiscitent cette solution : 85 % soutiennent l’extension de la gratuité des fournitures scolaires au-delà de la troisième primaire. Celle-ci doit cependant être correctement financée.