Communiqué de presse

Réforme des congés familiaux : les pères à la fête ou à la diète ?

père balance régime congé

Traditionnellement, la fête des pères est l’occasion de mettre en lumière les papas et leur implication dans le quotidien de leurs enfants. Mais cette année, la réforme des congés familiaux annoncée par le gouvernement Arizona vient jouer les trouble-fêtes. La Ligue des familles s’inquiète au sujet des congés des papas et des co-parents et redoute une aggravation des inégalités entre les pères et les mères. 

Simplifier, pas raboter

Avec cette réforme, l’objectif annoncé par le gouvernement fédéral est de simplifier le système actuel. Ce dernier comporte en effet plusieurs dispositifs (congé de naissance, congé parental, crédit-temps, …) avec des conditions d’accès et de rémunération différentes.  

Pour le moment, chaque parent (salarié) a droit à un congé de maternité/paternité, 4 mois de congé parental par enfant et jusqu’à 48 mois de crédit-temps. Le gouvernement souhaite fusionner ces différents congés en un « sac-à-dos » lié à chaque enfant. Cette volonté d’homogénéisation et de simplification est louable, mais la Ligue des familles s’inquiète de la durée et de la rémunération de ce futur congé unique.  

Le gouvernement prévoit de consacrer un budget de 25 millions à cette réforme. Cela peut sembler élevé, mais comme il est prévu d’harmoniser les congés des parents salariés, indépendants et fonctionnaires, ce budget est insuffisant pour les aligner vers le haut. Ce qui implique que certains congés seront de facto revus à la baisse. 

Un sac-à-dos qui risque de peser bien lourd en matière d’inégalités

La Ligue des familles s’inquiète également de l’impact de cette réforme sur les inégalités de genre. Avec un « crédit familial » lié à l’enfant plutôt qu’aux parents, c’est sans conteste les mères qui seront amenées à utiliser la plupart de ces congés. Aujourd’hui, ces dernières recourent déjà bien plus au congé parental. Qu’en sera-t-il demain si le contenu du sac-à-dos ne doit pas être réparti de manière équilibrée entre les parents ?   

En réalité, ce type de système, déjà expérimenté dans d’autre pays européens tels que la Finlande et la Suède, est loin de « stimuler la prise congé  par les deux parents » comme l’appelle de ses vœux l’accord de gouvernement. Au contraire, il a tendance à aggraver le déséquilibre dans les soins apportés aux enfants. 

En effet, l’impact négatif d’un congé familial pour le budget du ménage est souvent moindre quand ce sont les mères qui y recourent, puisque celles-ci ont généralement le plus bas salaire du couple. Les familles n’auront-elles pas alors financièrement intérêt à ce que les pères prennent le moins possible de congés possible ? 

Augmenter les congés, pas les diviser

Dans les baromètres des parents successifs, les parents nous ont par ailleurs massivement fait part de leur souhait de rendre une partie du congé de naissance des pères et co-parents obligatoire, et d’en calquer la durée sur celui des mères. Ajouter des congés donc, plutôt que de répartir les congés existants entre les membres du ménage. 

Pour la Ligue des familles, la réforme envisagée par le gouvernement fédéral ne répond pas aux besoins réels des parents. Un système de congés familiaux adéquat et qui encourage les pères à prendre des congés comporte des congés mieux payés pour les deux conjoints, afin de limiter l’impact pour le ménage si le parent ayant le revenu le plus élevé y recourt ; un congé de paternité obligatoire, pour permettre à tous les pères d’en profiter sans craindre de conséquences professionnelles ; et enfin des congés identiques pour chacun des parents, sans transfert possible, à la naissance puis quand l’enfant grandit.