Communiqué de presse

Recours au congé parental : la situation reste tendue pour les femmes et les parents à bas revenus

2023 est une année record pour la prise du congé parental, selon l’Onem. Signe que ce dispositif est plus nécessaire que jamais. Pour la Ligue des familles, les indicateurs restent malgré tout inquiétants, en particulier en ce qui concerne les inégalités entre les femmes et les hommes et la situation des parents à bas revenus ou sous contrat précaire. À 4 mois des élections, l’accord de gouvernement de 2020, qui prévoyait une réforme des congés familiaux en faveur de plus d’égalité entre les femmes et les hommes, n’a pas été mis en œuvre.

L’Onem annonce une hausse de 9% du nombre d’utilisateurs du congé parental, faisant de 2023 une année record en la matière. La hausse est un peu plus forte chez les hommes (12,6%) que chez les femmes (7,7%). Cette croissance montre que les parents, et de plus en plus les pères, sont demandeurs de prendre ce congé, que ce soit par envie – de passer du temps de qualité avec leurs enfants – ou par besoin, tant il est difficile de conjuguer la vie de parent et la vie professionnelle.

64% des utilisateurs du congé parental restent… des utilisatrices

« Ces évolutions ne doivent toutefois pas masquer le fait que le congé parental reste pris par une majorité écrasante de femmes », constate Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « 64% des personnes qui y recourent sont les mères, contre 36% de pères à peine. Les femmes restent très majoritairement en charge des tâches familiales. La rémunération très faible du congé parental (à peine 896€ par mois) fait aussi que c’est la personne qui a le plus bas revenu du couple – généralement la femme – qui y recourt, afin de réduire l’impact pour le budget familial. »

C’est plus évident encore quand l’on se penche sur les formes d’interruption. Si l’on examine les chiffres de janvier à novembre 2023 (derniers disponibles sur le site de l’Onem), les hommes optent à 81% pour le congé parental à 1/5e ou 1/10e temps, c’est-à-dire celui qui a le moins d’impact sur les finances du ménage et sur la vie professionnelle (contre 60% des femmes). 40% des femmes prennent un congé parental à temps plein ou mi-temps contre seulement 19% des hommes.

La double peine pour les parents à bas revenus

Les parents à bas revenus peinent, plus encore que les autres, à concilier vie familiale et vie professionnelle. « Ils ont moins d’accès au congé parental vu la rémunération très basse et l’ancienneté d’un an chez le même employeur requise – une condition impossible à atteindre quand on cumule les contrats précaires. Le baromètre des parents (sondage Ipsos) montre que les parents à bas revenus ont aussi, en moyenne, beaucoup moins accès au télétravail et à des jours de congés payés supplémentaires. Ils exercent des fonctions avec une moindre flexibilité horaire, plus d’horaires de nuit et atypiques. Pensons aux aides-soignantes, aux puéricultrices, aux caissières et vendeuses dans les commerces ouverts jusqu’à 20h et le dimanche… »

Un congé parental véritablement accessible à tous

Relever la rémunération du congé parental est une démarche indispensable pour permettre à tous les parents d’y recourir et pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. La Ligue des familles appelle à la porter à 1500€/mois (2000€ pour les familles monoparentales). Mais il faut aussi travailler les conditions d’accès à ce congé pour l’élargir à tous les parents : supprimer la condition d’ancienneté requise et créer un congé parental pour les indépendants.

C’est ce que l’accord de gouvernement prévoyait, en 2020, p. 85 : « Nous réformerons les différents régimes de congés pour les parents afin de permettre une répartition plus équilibrée, entre les hommes et les femmes, de l’accueil et des soins aux enfants. (…) Ce faisant, nous veillerons à ce que tous les travailleurs puissent effectivement exercer leur droit (par exemple, les intérimaires et les personnes sous contrat temporaire de courte durée). »

4 ans plus tard, appliquer enfin l’accord de gouvernement

4 ans plus tard, rien n’a été fait en la matière. A quelques mois de la fin de la législature, la Ligue des familles appelle le gouvernement à se mobiliser d’urgence pour donner un peu d’air aux parents, qui sont nombreux à être à bout de souffle.

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