Communiqué de presse

Permettons, enfin !, à chaque enfant de choisir les études secondaires qui lui conviennent

Ados et prof dans une classe

Tronc commun

La Ministre de l’Education Valérie Glatigny organise ce week-end une « mise au vert » sur le tronc commun. La Ligue des familles appelle à ne pas défaire, avant même qu’il ait pu faire ses preuves, ce système que tous les acteurs de l’enseignement ont mis des années à construire. « On parle souvent de revaloriser l’enseignement technique et professionnel : c’est ce que permet le tronc commun, en faisant de chaque filière un choix positif, adapté à l’élève. Il est grand temps de mettre en œuvre ce dispositif déjà d’application dans les systèmes éducatifs les plus performants, qui réduisent les inégalités scolaires tout en améliorant le niveau général des élèves », commente Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles.

Le tronc commun, ce n’est pas allonger le système actuel jusqu’en 3e secondaire

Car pour la Ligue des familles, il faut bien comprendre ce dont on parle : le tronc commun, ce n’est pas prolonger le système actuel jusqu’en 3e secondaire, sans tenir compte des enfants qui rencontrent des difficultés dans les cours généraux. Au contraire, c’est un nouveau programme de cours conjugué à un renforcement du soutien aux élèves en difficultés, avec de l’accompagnement personnalisé. Il s’agit de proposer à tous les enfants, jusque dans les trois premières années de secondaire, la découverte des différentes orientions possibles, afin de permettre à chaque élève de faire un choix d’études secondaires positif pour la suite, en fonction de ce qui lui convient. Tout en assurant l’acquisition des compétences de base nécessaires pour tout adulte. 

Revenir en arrière, ce serait revenir à des souffrances scolaires

Rappelons ce constat : le programme scolaire belge francophone actuel, aujourd’hui en cours d’extinction, est parmi ceux de l’OCDE produisant le plus d’inégalités scolaires, de souffrance à l’école, de relégation et d’exclusion. L’enseignement commun en début de secondaire y est très principalement resserré sur les cours théoriques, et beaucoup d’élèves ne s’y retrouvent pas. Cela engendre une orientation rapide et forcée en fin de premier degré du secondaire, qui dévalorise particulièrement l’enseignement qualifiant. Le qualifiant, qui devrait être la filière de vocations et de passions, fait ainsi office jusqu’à maintenant de bouée de sauvetage des élèves en mal-être. Le pari du nouveau système, c’est justement une évolution plus douce, moins théorique et plus polytechnique, pour que tous les élèves s’y retrouvent.

« Va-t-on revenir en arrière vers un système dont tout le monde constate, plus encore aujourd’hui qu’hier peut-être, les échecs, les souffrances scolaires qu’il produit, la dévalorisation de certaines filières ? »

Ne pas revoir à la hâte tout le programme de cours des enfants qui arrivent en secondaire

Est-ce qu’on peut encore modifier certains cours du tronc commun, pour permettre aux élèves de découvrir ce qui leur convient le mieux et choisir l’orientation la plus appropriée par la suite ? Certainement. Est-ce qu’on peut tout remettre sur le métier ? Non : les cours des premières années d’études secondaires, et même de primaire, ont déjà été revus dans la logique de ce tronc commun. 400.000 élèves (tous ceux jusqu’à la 5e primaire) sont donc déjà aujourd’hui dans ce nouveau système. Les cours qu’ils ont déjà suivis ont été construits d’une manière cohérente jusqu’en 3e secondaire. Il n’est donc pas possible d’appuyer sur « pause », et on ne peut pas modifier fondamentalement la 3e secondaire sans revoir le programme de cours de 1re et de 2e élaboré en vue de cette 3e ! « Tout changer à la hâte alors que les premiers élèves concernés sont aux 2/3 de ce nouveau programme de cours, et arrivent bientôt dans le tronc commun de début de secondaire, ce ne serait pas sérieux », commente Madeleine Guyot. « Ne jouons pas avec les apprentissages de nos enfants. »

Le tronc commun polytechnique, l’encadrement renforcé et différencié, l’accompagnement personnalisé sont inspirés des systèmes éducatifs les plus performants, tels que l’Estonie, qui permettent de réduire les inégalités scolaires tout en améliorant le niveau général des élèves. C’est ce qui a inspiré et motivé les travaux des acteurs de l’enseignement depuis des années.

La Ligue des familles appelle le gouvernement Degryse à poursuivre la marche de la mise en œuvre de ce tronc commun qui a fait ses preuves dans d’autres pays, et à ne pas fondamentalement remodifier le programme de cours des 400.000 élèves déjà dans ce système.