Communiqué de presse

Ne pas plafonner les voyages scolaires, c’est exclure 53 000 enfants de ces séjours pédagogiques

La Ministre Caroline Désir indique renoncer à plafonner, pour les primaires et les secondaires,  le coût des excursions et voyages scolaires sous cette législature alors que cette mesure était pourtant annoncée depuis 2019 dans l’accord de gouvernement et faisait partie des équilibres du Pacte pour un enseignement d’excellence.

La Ligue des familles, la FAPEO et l’UFAPEC regrettent vivement que le gouvernement baisse les bras face à la difficulté à fixer un montant, laissant reposer toute la charge sur les épaules des familles. Le prochain gouvernement devra en faire une priorité, sans plus tarder.

Contrairement à ce qui se fait en Flandre, il n’y a pas de montant maximal applicable pour le coût des excursions et voyages scolaires en Fédération Wallonie-Bruxelles : les écoles peuvent organiser tous les types de voyages, c’est ainsi que certaines d’entre elles ont déjà initié des voyages à New York ou vers d’autres destinations très coûteuses pour les familles. De même, les écoles peuvent organiser des excursions obligatoires dans le temps scolaire, mais obliger les familles à payer, ce qui contrevient à la gratuité de l’enseignement à laquelle la Belgique s’est engagée ! Un plafond, mis en place par la Ministre Schyns, s’applique uniquement en maternelles. Le décret enjoint le gouvernement à fixer ces plafonds tant en primaire qu’en secondaire, mais depuis la mise en place du gouvernement Jeholet il y a 5 ans, rien n’a été décidé.

D’après une étude menée par la Ligue des familles auprès de plus de 2000 parents en 2022, un enfant sur 20 ne participe pas à un voyage scolaire en raison du coût en primaire, et un sur 10 en secondaire. Cela représente au total 53 000 enfants privés de ces séjours pédagogiques chaque année. « On peut tout à fait entendre qu’il soit difficile de fixer un montant mais on regrette fortement que depuis 5 ans, il n’ait pas été possible de faire aboutir ce dossier », indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Avec un plafond similaire à celui applicable en Flandre, on permettrait aux trois-quarts des écoles de continuer à organiser les mêmes voyages que ce qu’elles faisaient jusqu’à présent. Seule une petite minorité d’écoles organisant les séjours les plus coûteux devraient revoir un peu leurs projets pour ne pas mettre les familles en difficulté. Cela nous semblait une solution tout à fait raisonnable. »

Bernard Hubien, secrétaire général de l’UFAPEC : « Certaines écoles prévoient leurs voyages 1 à 2 ans à l’avance. Ne rien décider aujourd’hui, c’est laisser les familles actuelles et futures en difficultés financières et générer de l’incertitude en plus pour les établissements. »

Véronique De Thier, responsable politique de la FAPEO : « Nous nous devons de rappeler que lorsqu’il est obligatoire, l’enseignement est censé être gratuit en Belgique. Il est particulier que le gouvernement laisse les écoles décider d’activités obligatoires sans aucun plafonnement de leur coût, puis présenter des factures parfois énormes aux familles. »

La Ministre indique qu’il ne faudrait pas rendre impossible la tenue d’activités pédagogiques. C’est également une préoccupation majeure de la Ligue des familles, de la FAPEO et l’UFAPEC. En fixant des plafonds en tenant compte des pratiques actuelles comme le demandent les trois associations, on aurait justement évité cet écueil. Par contre, en ne faisant rien, le gouvernement acte la situation actuelle qui exclut tant d’enfants de ces séjours et met tant de familles en difficulté.

Les trois associations se mobilisent pour que les travaux annoncés sur la régulation du coût des activités et voyages scolaires passent par la fixation la plus rapide possible d’un plafonnement du prix maximal, comme le prescrit le Code de l’enseignement fondamental et secondaire.

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