Prise de position

Mobilisation contre l'exclusion des parents d'enfants en situation de handicap du chômage

Mobilisation contre l'exclusion des parents d'enfants en situation de handicap du chômage

De nombreux parents d’enfants en situation de handicap seront, en ce début 2026, exclus du chômage. Même quand leurs réalités familiales rendent totalement impossible un retour à l’emploi. La Ligue des Familles, Aidants Proches et le SUSA Bruxelles appellent le ministre Clarinval et le gouvernement fédéral à corriger leur réforme.

S’occuper d’un enfant en situation de handicap — parfois sévère — implique une disponibilité constante : rendez-vous médicaux, démarches administratives, urgences imprévues. Dans ces conditions, trouver un emploi compatible relève souvent du parcours du combattant, voire de la mission impossible. La nouvelle limitation dans le temps des allocations de chômage ignore ces réalités et expose ces familles à une précarité inacceptable, puisqu'il n'existe pas de dispositif adapté.

Ces parents ont pourtant cotisé pendant des années et, jusqu’ici, leur situation particulière pouvait être prise en compte. Désormais, ils seront exclus du droit aux allocations. Beaucoup n’auront droit à aucune alternative de revenu, surtout lorsqu’un conjoint travaille, et se verront confrontés à encore plus de contrôles et de démarches, alors qu’ils sont déjà à bout de souffle.

Le Ministre fédéral David Clarinval (MR), en charge de cette réforme, a indiqué dans la presse cette semaine que c'était aux Régions de régler ce problème. Mais le chômage et la sécurité sociale relèvent du fédéral, et l’accord de gouvernement prévoit explicitement un meilleur soutien aux aidants proches. Aujourd’hui, ce soutien fait défaut. Les Engagés et le MR ont ensuite ouvert la porte à la création d’un véritable statut pour les aidants-proches. Une bonne nouvelle pour le futur. Mais n’oublions l’urgence actuelle : suite à la réforme du chômage, ces parents perdront, pour la plupart, leurs allocations à partir de mars. Certains en sont déjà privés à partir de ce mois de janvier.

La situation dramatique de ces familles appelle une réaction immédiate. Il est encore temps de maintenir ces parents dans la sécurité sociale le temps de construire une solution juste et adaptée. Les citoyens le disent clairement : une large majorité estime que les parents d’enfants en situation de handicap ne devraient pas être exclus du chômage. 

Ne fermons pas les yeux sur celles et ceux qui se battent chaque jour pour offrir à leur enfant une vie digne, faite de soins, de présence et d’amour. La réforme a oublié les réalités familiales. Corrigeons-la, avant qu’il ne soit trop tard.