Analyses et études
Depuis quelques années, des appels à projets lancés par la Fédération Wallonie-Bruxelles permettent aux écoles fondamentales concentrant les élèves les plus précaires (les 25% d’écoles aux indices socioéconomiques les plus faibles, aussi appelées de l’encadrement différencié) d’organiser des repas complets, sains, durables et gratuits pour ces élèves. En 2023, la majorité PS-MR-Ecolo a décidé de rendre cette politique - accordée jusque-là sur base des décrets budgétaires - davantage structurelle, en votant un décret spécifique relatif au financement de repas complets, gratuits, sains et durables au sein des établissements scolaires d'enseignement fondamental, et en augmentant les budgets dédiés. La Ligue des familles avait salué les avancées tout en regrettant que la logique soit maintenue en enveloppe fermée et que les subsides par repas ne soient pas indexés.
A l’heure actuelle, 429 établissements sont rentrés dans le projet et pour l’année 2025-2026, 55 288 élèves de maternelle ou de primaire bénéficient de ces repas complets, gratuits, sains et durables, pour une enveloppe budgétaire totale de 21,4 millions d’euros. Or, au conclave budgétaire d’octobre 2025, le gouvernement MR-Engagés a décidé la suppression du dispositif décrétal « repas complets », une économie de 7 millions d’euros dans l’enveloppe qui y était dédiée, et la réinjection des 14 millions restants dans l’encadrement différencié de l’enseignement fondamental, en permettant aux écoles d’organiser des repas avec cette enveloppe. En parallèle, il a décidé près de 9 millions d’économie dans le financement des moyens financiers supplémentaires de l’encadrement différencié.
Quels impacts ces décisions auront sur la capacité réelle des écoles à organiser ces repas, sur la qualité de ceux-ci, et sur l’accès des élèves à ceux-ci ?