Analyses et études

Les allocations familiales en péril ?

Montant des allocations familiales en Wallonie

Allocations familiales Belgique : une inquiétude croissante en Wallonie et à Bruxelles

À quelques encablures de l’élaboration du budget 2026, la Ligue des familles est inquiète pour l’avenir des allocations familiales, tant en Wallonie qu’à Bruxelles.

Déclarations politiques et tensions autour du soutien aux familles

En quelques jours, les familles ont assisté à plusieurs prises de parole du Président du premier parti francophone, Georges-Louis Bouchez, indiquant « On va être obligé [de] toucher [aux allocations familiales] dans le budget wallon. » Une phrase enregistrée à son insu en bureau de parti puis répétée dans les médias.

Les Engagés, partenaires du MR dans la majorité wallonne, ont tenu dans les médias un discours plus rassurant, défendant le régime actuel. Le vice-Président du gouvernement François Desquesnes estimait en effet que ces allocations “constituent un droit fondamental pour les familles. C’est un socle de la politique de soutien aux familles particulièrement important, notamment pour lutter contre la pauvreté infantile.” [1] Ils ont de plus produit une campagne de communication rappelant leur défense du système des allocations familiales.

Indexation des prestations sociales : un sujet de débat et de confusion

En parallèle, une députée wallonne des Engagés, Sophie Fafchamps, a indiqué sur Facebook, dans un post modifié depuis, qu'« un saut total d'index en 2026 [sur les allocations familiales], ce sera peut-être une obligation pour boucler le budget, ce n'est pas un tabou », alors que moins de trois mois plus tôt, elle indiquait au Parlement wallon[2] que « le Wallonie n’a jamais procédé à des sauts d’index et que l’actuelle majorité entend bien maintenir ce principe ».

Le lendemain, la Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse (Les Engagés), ne rassurait pas tout à fait les familles en indiquant au Parlement que « l’ensemble des entités du pays sont face à des économies importantes », qu’« une série de pistes sont étudiées », qu’on avait pu constater dans la presse « que cette idée ne faisait pas l’unanimité », mais qu’elle n’allait « absolument pas [se] prononcer maintenant sur de potentielles conséquences d’une décision hypothétique, non encore prise par une autre entité ».

Réforme des allocations en Wallonie et à Bruxelles : des mesures déjà en place

Doit-on lire derrière ces interventions successives une erreur de communication d’une députée à propos d’une piste qui n’aurait pas dû être éventée, ou une idée solo qui n’est pas défendue par son parti ? Le Ministre Coppieters (Les Engagés), compétent en matière d’allocations familiales en Wallonie, a finalement quelques jours plus tard indiqué que « l’indexation sera bien maintenue et les droits des uns et des autres confirmés »[3].

Au-delà des débats quant aux possibles mesures d’économies sur les allocations familiales en 2026, il faut rappeler qu’une économie a déjà été réalisée sous ce gouvernement sur les allocations familiales de tous les parents. En juillet 2025, la majorité fédérale a voté un report de l’indexation des prestations sociales de deux mois. Le gouvernement wallon avait la compétence d’éviter que cette décision affecte les allocations familiales. Il a cependant décidé de ne prendre aucune initiative en la matière.  

Soutien aux familles : un modèle fragilisé à Bruxelles

Ce débat intervient en outre dans un contexte tendu sur la question à Bruxelles également. Une majorité MR, Engagés, N-VA, CD&V et Groen a soutenu en juillet 2025 la suppression du supplément d’allocations familiales de 12€ par mois, prévu à partir de janvier 2026 pour chaque enfant né avant 2020 (et décidé au moment de la réforme des allocations familiales afin d’aligner le montant des allocations de ces enfants sur celui des enfants nés à partir de 2020)[4]. Dans le même parlement ont également été discutées un peu plus tôt cette année des pistes supplémentaires d’économies en allocations familiales, alors que le financement de ces allocations n’est effectivement pas assuré. Toujours à Bruxelles, les familles supporteront également le report de l’indexation des allocations familiales, faute d’initiative des responsables politiques régionaux en la matière.

Il n’y a à l’heure actuelle aucune certitude que la Wallonie et Bruxelles prendront d’autres mesures défavorables en matière d’allocations familiales, mais la Ligue des familles ne peut qu’être inquiète en constatant les reculs déjà décidés et les prises de parole à ce sujet dans les médias et dans les parlements ces derniers mois. Dans la présente analyse, elle a dès lors souhaité répondre aux questions les plus souvent soulevées en la matière : est-ce qu’il ne faudrait pas limiter les allocations familiales à trois enfants ? Est-ce que les plus hauts revenus ne pourraient pas se passer d’allocations familiales ? … Les réponses de la Ligue des familles sont à lire dans notre analyse, à télécharger ci-dessous.

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[1] La Dernière Heure, 16 septembre 2025
[2] https://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2024_2025/CRIC/cric162.pdf
[3] Yves Coppieters (Les Engagés) sur les allocations familiales : 'On explore des pistes d’optimisation, en particulier pour les jeunes de 15 à 25 ans' - RTBF Actus
[4] http://weblex.brussels/data/arccc/cri/2024-25/00022/images.pdf#page=1