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Les aidants proches qui sont parents solo restent dans une inquiétude inacceptable

Maman aidant proche et sa fille en chaise

Vendredi, le gouvernement De Wever a annoncé une solution pour les aidants-proches, portée par le Ministre David Clarinval (MR). Mais la Libre rapporte ce matin que cette solution ne répond à ce stade qu’à la détresse des aidants-proches qui vivent en couple et dépendent aujourd’hui d’allocations de chômage au taux « cohabitant ». Les aidants-proches qui sont parents solo, ceux dont le quotidien est déjà le plus difficile, devraient aller frapper à la porte du CPAS, si la solution que négocie actuellement le gouvernement ne s’adapte pas aux différentes configurations familiales.

Le gouvernement De Wever propose en effet aux aidants-proches d’activer une dispense pour ne pas être exclus du chômage. Mais cette dispense porterait leurs allocations à 745 € par mois, soit le montant du statut « cohabitant »… Cette solution ne pourrait pas convenir aux parents solo qui, aujourd’hui au chômage, reçoivent 1774 € de revenus mensuels via leur statut « chef de famille ».

Leur future pension rabotée ? : la double peine des aidants-proches parents solo

En renvoyant les aidants proches parents solo au CPAS, le gouvernement De Wever les pénaliserait deux fois : un certain nombre d’entre eux perdrait immédiatement des revenus mensuels en passant du chômage au CPAS, et surtout, ils seraient sanctionnés à long terme dans leurs droits à une pension. Contrairement à leurs allocations actuelles, le CPAS  ne permet pas aux aidants-proches d'ouvrir des droits à la pension. Les aidants proches parents solo, des femmes pour une grande majorité, verraient donc leur pension future rabotée. Alors qu’elles sacrifient déjà leur vie professionnelle pour prodiguer des soins réguliers et constants à une personne de leur famille en situation de grande dépendance.

Une femme prend son père malade dans ses bras

Les aidants-proches parents solo incités à décrocher (quasiment) totalement du monde du travail

Beaucoup de familles monoparentales qui sont aidantes-proches gardent un pied dans la vie professionnelle, en fonction de leurs possibilités. Ces femmes (pour la plupart) sont inscrites au chômage, mais peuvent travailler certains jours du mois. Certaines peuvent le faire en partageant la garde avec l’ex-conjoint, d’autres parce que certains jours l’enfant peut aller à l’école spécialisée ou en structures d’accueil. Ce sont alors des formes de travail à temps partiel, adaptées, pour avoir une souplesse permettant de prendre soin de l’enfant en cas d’urgence ou de rendez-vous médical. Par exemple, avec un contrat d’un ou deux jours semaines, ou avec une succession de contrats de travail en intérim, à la journée, ou à la semaine.

Si le gouvernement les renvoie au CPAS, au-delà de des 310 premiers euros gagnés (soit 1 ou 2 jours de travail par mois), le montant du revenu d’intégration qu’ils recevront diminuera s’ils gagnent de l’argent en travaillant... Les aidants-proches seraient découragés de continuer leur travail. Paradoxe : alors que la réforme chômage prétend soutenir le retour au travail, la solution dégagée par David Clarinval pour les aidants-proches les pousserait à… réduire très fortement, voire arrêter totalement le travail.

Travailler permet pourtant à ces aidants proches de sortir d’un quotidien difficile et entièrement dédié aux besoins de leur enfant. Ce travail est pour beaucoup essentiel à leur équilibre et leur vie sociale.

Soulager définitivement tous les aidants-proches de leur inquiétude

La Ligue des familles appelle à une solution pour tous les aidants proches, qu’ils soient en couple ou parents solo. Les aidants proches ne peuvent pas être sanctionnés, ni par une perte de revenus immédiate, ni à long terme dans leur pension. Ils doivent pouvoir continuer à travailler à temps partiel et contrats adaptés s’ils le veulent, sans y être désincités financièrement. La Ligue des familles appelle enfin le gouvernement De Wever à réintégrer également les aidants proches exclus au 1er janvier, et à lever définitivement l’épée de Damoclès qui pèse sur leur tête, jusqu’à ce que le gouvernement s’accorde sur un statut. Repousser de quelques mois seulement le sursis de leur exclusion à venir du chômage, alors qu’aucun statut structurel n’est aujourd’hui en ligne de mire, maintiendrait ces familles dans une inquiétude inacceptable.

Maman aidant proche et sa fille en chaise