Actualités

L’épée de Damoclès pend à nouveau sur les aidants-proches

La Ligue des familles, Aidants Proches asbl, Inclusion asbl et la Fondation SUSA alertent et appellent le Ministre Clarinval et l’ensemble du gouvernement De Wever à ne pas rejouer un mauvais scénario.

Récemment interrogé au Parlement sur le sort des aidants-proches ne pouvant travailler à plein temps, le ministre Clarinval a indiqué qu’il ne comptait plus rien faire. Or, s’il ne prend pas d’initiative, de nombreux aidants-proches concernés par sa réforme du chômage perdront leur revenu à partir du 31 décembre prochain. Ce serait également rompre avec la promesse donnée début février par Bart De Wever de « trouver une solution pour ceux qui sont actuellement au chômage, avec une période de transition. Ce que je peux garantir, c’est qu’un aidant-proche ne se verra pas couper son allocation du jour au lendemain dans un mois ou deux. La solution structurelle reste à définir, mais nous en trouverons une » …1

La Ligue des familles, Aidants Proches asbl, Inclusion asbl et la Fondation SUSA sont à nouveau extrêmement inquiets. Va-t-on rejouer un bien mauvais scénario alors que toutes les alertes ont été faites, et que le danger est connu ? Nous appelons le ministre Clarinval, responsable des conséquences de sa réforme du chômage sur les parents d’enfants en situation de lourd handicap et tous les autres aidants-proches venant en aide à un proche fortement dépendant, ainsi que ses partenaires de gouvernement, à tout faire pour éviter une nouvelle crise et à assurer qu’aucun aidant-proche ne tombe hors des filets en perdant tout revenu, tant qu’un statut aidant-proches pérenne n’aura pas été mis en place, ainsi que le gouvernement et la Chambre s’y étaient engagés le 26 février.

Alors que le budget fédéral 2027 se négocie, c’est aujourd’hui qu’il faut agir pour préserver les aidants-proches d’une exclusion de toute forme de protection sociale, et d’une chute radicale de leurs moyens de (sur)vivre.

1 https://www.rtbf.be/article/un-an-de-gouvernement-pour-bart-de-wever-je-reste-un-nationaliste-flamand-mais-j-ai-assume-a-100-le-role-de-premier-ministre-11675638

Sans action, de nombreux aidants-proches perdront leurs allocations à la fin d’année

Souvenons-nous : début janvier 2026, des parents d’enfants en situation de lourd handicap expliquaient face caméra que suite à la limitation dans le temps des allocations de chômage, ils allaient perdre leur revenu. Pour la plupart de ceux vivant en couple, ils n’auraient même pas droit à une allocation du CPAS et perdraient 745€ de revenus chaque mois.

Après une crise intense et angoissante pour les familles concernées, le Premier ministre en personne s’engageait à trouver une solution. Puis le ministre Clarinval bricolait dans l’urgence une « dispense » transitoire, permettant à un aidant-proche de prolonger de 12 mois son droit au chômage, contre une allocation réduite à 761€ par mois. Un répit provisoire, soutenu par les députés fédéraux à la quasi-unanimité, que les partis de la majorité avaient construit pour se donner le temps de négocier une solution structurelle et un véritable statut pour tous les aidants-proches. Mais cette solution n’existe toujours pas. Or au 31 décembre prochain, les premiers aidants-proches concernés arriveront au bout de cette dispense et perdront leur allocation. Parce qu’ils ont activé cette dispense, ils ne sont pas concernés par l’arrêt de la Cour constitutionnelle qui a réintroduit provisoirement dans leur droit au chômage des personnes déjà exclues. Alors, que se passera-t-il au 1er janvier prochain ? Vivra-t-on à nouveau un bien mauvais scénario ?

Un statut au 1er janvier ou une prolongation de leurs allocations de chômage ? Au gouvernement fédéral de trancher, mais il faut leur garantir un revenu

Jeudi 1er octobre à la Chambre, le ministre Clarinval s’est défaussé, renvoyant la balle à d’autres niveaux de pouvoir : « Nous avons fait preuve de créativité et pris plus que notre part de responsabilité (…). Je vous invite dès lors à interroger mes homologues régionaux sur les suites concrètes qu'ils vont apporter à ce dossier », a-t-il notamment répondu aux députés – dont deux font partie de sa propre majorité - qui le pressaient de trouver une solution. Et ce lundi 12 octobre, les annonces faites par le gouvernement wallon montrent qu’aucun revenu ne soutiendra le travail des aidants-proches dans les mois à venir. Ce qui est du reste normal, puisque la protection sociale et les revenus de remplacement sont une compétence fédérale.

Il y a pourtant urgence : des personnes, déjà en situation de fragilité, vont perdre leur revenu d’ici 2 mois 1/2. Or, le gouvernement n’en est manifestement nulle part dans la recherche d’une solution. Et la responsabilité est claire : elle repose sur ceux qui ont exclu les aidants-proches du chômage sans prévoir d’alternative. Au ministre désormais de plancher sur une solution avec ses partenaires de gouvernement.

Deux mesures sont nécessaires. Elles doivent être négociées durant ce conclave budgétaire.

D’un part, nous appelons le gouvernement De Wever à mettre en œuvre au plus vite sa promesse, soit la création d’un statut aidant-proche correctement rémunéré et leur évitant toute vie sous le seuil de pauvreté. Et d’autre part, tant que ce statut n’aura pas été mis en œuvre, il est de la responsabilité du ministre Clarinval et de ses partenaires de prolonger le droit des personnes concernées au chômage.

Doit-on rappeler que le chômage actuellement touché par les aidants-proches témoigne déjà d'une situation de très grande précarité, leurs revenus étant situés largement sous le seuil de pauvreté ? Mais si on leur retire même cela, des centaines de familles se retrouveront bientôt privées de revenus si essentiels à leur survie, dans une vie quotidienne accaparée par les soins et les difficultés.

Bis repetita ? Un tel abandon serait indigne.