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La Ligue des familles examine comment reconnaître le rôle des beaux-parents
En Belgique, près d’une famille sur cinq est aujourd’hui une famille recomposée. Ce chiffre témoigne d’une évolution profonde des réalités familiales : de nombreux enfants grandissent aux côtés d’un beau-père et/ou d’une belle-mère qui participent pleinement à leur éducation et à leur quotidien. Pourtant, le droit belge ignore cette réalité. Le beau-parent n’a aujourd’hui aucun droit ni devoir envers l’enfant de son ou sa partenaire. En cas de séparation ou de décès du parent biologique, il peut disparaître du jour au lendemain de la vie de l’enfant. Ce vide juridique pose de véritables problèmes humains, éducatifs et affectifs.
Un climat d'incertitude
Dans la pratique, l’absence de statut pour les beaux-parents engendre des situations absurdes et souvent douloureuses. Un beau-père qui élève un enfant depuis dix ans ne peut théoriquement pas signer un mot pour autoriser une sortie scolaire. Une belle-mère qui accompagne chaque jour l’enfant de son conjoint à l’école n’a en principe pas le droit d'aller le chercher à la sortie de l'école ou s'il est malade. Cette situation entretient un climat d’incertitude qui peut freiner l’implication du beau-parent, fragiliser la relation avec l’enfant et compliquer davantage l'organisation familiale.
Un statut de beau-parent, établi par une convention volontaire entre les parents de l’enfant et le beau-parent
C’est pourquoi la Ligue des familles a engagé une réflexion sur la place du beau-parent et sur la possibilité d’un statut de beau-parent. Le constat est clair : le système actuel, fondé sur la distinction stricte entre « parent » et « non-parent », ne répond plus aux réalités vécues par de nombreuses familles. Alors que le droit français, par exemple, a déjà ouvert certaines possibilités de partage de l’autorité parentale avec un tiers, rien n'est prévu en Belgique.
Pour la Ligue des familles, il est temps d’envisager des pistes concrètes afin d’offrir un cadre plus clair et plus protecteur. L’objectif n’est pas de retirer des droits aux parents, mais de reconnaître et sécuriser l’implication des beaux-parents lorsqu’ils jouent un rôle actif et durable auprès d’un enfant. Parmi les options envisagées figure la création d’un statut de beau-parent. Ce statut ne serait pas automatique, mais établi par une convention volontaire entre les parents de l’enfant et le beau-parent. Ce contrat définirait clairement la place du beau-parent dans la vie de l’enfant — les décisions qu’il peut prendre, les limites de son rôle, et les actes du quotidien qu’il peut accomplir. La convention serait ensuite validée par un juge, qui vérifierait que l’accord respecte l’intérêt de l’enfant et que les deux parents ont marqué leur accord.
Cette reconnaissance permettrait de clarifier les droits et les responsabilités de chacun. La réflexion est en cours. Si la loi ne reconnaît pas encore le rôle des beaux-parents, les familles, elles, le vivent déjà au quotidien.