Communiqué de presse
Le gouvernement supprime la gratuité des fournitures scolaires actuellement applicable jusqu'en 3e primaire ainsi que les repas gratuits dans les écoles les plus défavorisées. Il supprime une partie du budget de ces deux mesures et, avec les moyens restants, remplace la fourniture du matériel par un système d'aide aux familles les plus précarisées, inapplicable pour les écoles et stigmatisant pour les parents et les enfants précarisés. Les familles de la classe moyenne n'auront par ailleurs plus aucun soutien.
Le flou du gouvernement relatif au financement des crèches inquiète par ailleurs la Ligue des familles, mobilisée face à la dramatique pénurie de places que nous connaissons actuellement.
Une hausse de 104€ du coût de la rentrée scolaire pour chaque enfant
La Ligue des familles dénonce la suppression de la fourniture du matériel scolaire, mesure essentielle pour les familles. "Cela va générer une hausse du coût de la rentrée scolaire de 104€ par enfant (coût moyen des fournitures de rentrée) jusqu'à la 3e primaire. Plus de 200€ à payer en plus en août pour une famille de deux enfants...
Le gouvernement remplace cette mesure par un système dans lequel les écoles devront trier les enfants qui peuvent bénéficier du matériel scolaire de ceux qui ne pourront pas, avec des moyens bien plus réduits qu'aujourd'hui. Pour la Ligue des familles, ce sera totalement ingérable:
- pour les écoles, qui devront sélectionner les enfants "qui ont le plus besoin" de ce matériel. Sur quelles bases? Vont-elles demander les fiches de paie des parents? Comment feront les écoles qui concentrent les familles les plus précarisées, alors qu'elles n'auront pas les moyens d'aider tous les enfants? A quelles détresses, à quelles situations feront-elles face si elles doivent accorder du matériel à certaines familles mais le refuser à d’autres ?
- pour les familles: que devront-elles faire? Aller dire à l'école qu'elles sont pauvres et ont besoin de fournitures? On ne peut pas décemment leur demander cela.
- pour les enfants: il y aura donc, dans une même classe, les enfants pauvres qui recevront le matériel de l'école et les autres enfants qui pourront choisir leurs fournitures. Les enfants auront des affaires scolaires de qualités différentes selon les revenus de leurs parents et les élèves plus précarisés seront clairement identifiés. Porter visiblement le stigmate de la pauvreté jusque sur les bancs de la classe et dans le plumier des élèves : voilà le modèle qu’avancent aujourd’hui MR et Engagés pour l’école.
Pour le surplus, la suppression de la fourniture du matériel scolaire accroitra la charge sur les épaules des parents à la rentrée et plus particulièrement des mères, qui assument le plus souvent les courses de rentrée: aujourd'hui, l'école fournit le matériel jusqu'à la 3e primaire; demain, elle fournira à nouveau... des listes, et les parents devront faire les magasins pour trouver toutes les fournitures.
En annonçant cette remise en cause, le gouvernement Degryse mange doublement sa parole. L’accord de gouvernement conditionnait toute évolution du système aux conclusions d’une évaluation préalable. Celle menée par l’administration soutenait l’extension du système de distribution universelle du petit matériel scolaire aujourd’hui en œuvre jusqu’en 3e primaire ; celle que la Ministre Glatigny souhaitait faire réaliser par un opérateur externe n’a jamais été attribuée. Surtout, à la rentrée 2024, tant la ministre Glatigny que la Ministre-Présidente Degryse avaient garanti que « la gratuité scolaire ne sera pas remise en cause ». La promesse aura fait long feu.
Pour rappel, la Ligue des familles avait fourni au gouvernement des solutions créatives pour trouver, dans les fonds actuellement alloués à la réduction des frais scolaires à charge des parents, des budgets inemployés ou mal utilisés, les moyens nécessaires à l’extension du système actuel jusqu’en fin de primaire, sans augmenter la charge budgétaire globale de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La décision du gouvernement n'est pas une mesure rationnelle fondée sur un système évalué ayant fait ses preuves, mais une mesure idéologique fragilisant les familles.
Un flou inquiétant concernant le financement des crèches
La Ministre Lescrenier a indiqué en conférence de presse qu'il faudrait "plus de flexibilité au niveau des modalités" des milieux d'accueil (crèches), que le "financement n'est pas optimal", qu'on a perdu 1700 places et qu'"on ne peut pas continuer à subventionner comme avant, on doit changer notre fusil d'épaule". Qu'est-ce que cela veut dire ? La Ligue des familles est très inquiète de cette perte de 1700 places en 4 ans, qu'elle a dénoncée à de multiples reprises. Mais concrètement, que veut dire le gouvernement quand il indique qu'on ne peut pas continuer à subventionner comme avant ? Comment compte-t-il faire autrement ? La Ligue des familles est très inquiète qu'il laisse planer ce flou, sans annoncer de mesures concrètes pour remédier à la pénurie de places.
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