Analyses et études

L’Arizona s’apprête à durcir le statut cohabitant

L’Arizona s’apprête à durcir le statut cohabitant

...et à en faire porter la charge aux familles

Ces dernières années, la société civile a multiplié les alertes et actions quant au caractère délétère du statut cohabitant ou « prix de l’amour », qui force les personnes dépendant de la sécurité sociale ou de l’aide sociale à survivre avec encore moins de revenus si elles font famille que si elles vivent seules. La Ligue des familles a ainsi tiré une campagne « Ensemble sous le même toit » qui dénonçait le coût de la solidarité des familles[1].

L’ensemble des partis politiques francophones s’étaient ainsi ces dernières années prononcés pour la suppression du statut cohabitant. Quelques avancées étaient ainsi engrangées sous le dernier gouvernement avec la suppression du « prix de l’amour » pour les personnes en situation de handicap bénéficiaires d’une allocation d’intégration[2], mais sans encore toucher au statut cohabitant dans le cadre du chômage ou du CPAS. Encore récemment, les deux partis francophones membres du gouvernement fédéral se positionnaient en ce sens : en 2023, le Mouvement réformateur soutenait la suppression du statut cohabitant dans un cadre d’harmonisation de la sécurité sociale[3], et en 2024, les Engagés en faisaient un élément majeur de leur programme électoral[4].

Le gouvernement Arizona (N-VA, MR, Engagés, CD&V, Vooruit) s’apprête cependant à un revirement majeur. Un projet d’arrêté royal porté par la ministre de l’Intégration sociale Anneleen Van Bossuyt (N-VA), validé cet été en première lecture, propose en effet au contraire de renforcer et durcir le statut cohabitant au CPAS, en obligeant d’autres membres de la famille que le conjoint à soutenir financièrement une personne dépendant de l’aide sociale.

Ce projet conduirait à l’appauvrissement radicalisé de personnes déjà parmi les plus faibles de la société, en obligeant leurs familles, jusqu’à la petite pension ou la GRAPA d’une grand-mère hébergée au domicile familial, à compenser pour pallier le détricotage du dernier filet minimal de l’aide sociale que constitue le revenu d’intégration sociale.

 

[1] https://www.stop-statut-cohabitant.be/wp-content/uploads/2022/11/Ensemble-sous-le-meme-toit-le-cout-de-la-solidarite-des-familles.pdf
[2] https://luttepauvrete.be/communique-abolition-du-prix-de-lamour/
[3] https://www.rtbf.be/article/florence-reuter-mr-la-suppression-du-statut-de-cohabitant-c-est-oui-sur-le-principe-si-l-on-rediscute-de-l-ensemble-de-la-securite-sociale-11280935

[4] Programme électoral des Engagés (juin 2024)