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Hausse du minerval : combien payerez-vous?

Sur un banc à l'université

Dès septembre 2026, la ministre de l'Enseignement supérieur Elisabeth Degryse (Les Engagés) augmente les frais d'inscription dans l'enseignement supérieur pour 58% des étudiant·e·s et leurs familles. Etes-vous concerné·e? Combien devrez-vous payer ? Nous vous indiquons ici le montant du futur minerval en fonction des revenus de votre ménage et du nombre de vos enfants.

Cette réforme du minerval concerne tant les universités que les hautes écoles et les écoles supérieures des arts. Cette réforme n'a pas encore été votée, mais ces montants ont été officiellement communiqués par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Vous trouverez ici plusieurs tableaux vous permettant de savoir combien vous devrez payer en fonction de votre situation familiale.

Quel minerval devrez-vous payer ?

Différents cas de figure pour estimer le coût du minerval

Ces frais d’inscription supplémentaires n’apporteront aucun moyen supplémentaire à notre enseignement supérieur (l’un des moins bien financés par étudiant·e d’Europe), parce qu’en parallèle, la Fédération Wallonie-Bruxelles diminuera son investissement public. Pourtant, des études de l’OCDE ont montré que particulièrement en Belgique, les moyens publics investis dans l’enseignement supérieur rapportent à moyen terme à l’Etat (par effet retour, les diplômé·e·s payant plus d’impôts et générant des dépenses moindres de sécurité sociale).

Le gouvernement Degryse fait tout particulièrement peser les efforts sur des étudiant·e·s de Hautes Ecoles et Ecoles Supérieures des Arts, où se concentrent pourtant fréquemment des étudiant·e·s plus précaires. Dans ces établissements, le minerval allait de 175 à 450 € (plus éventuels frais annexes). L’an prochain il sera de 375 à 1194 €. Pour les étudiant·e·s de condition modeste, le minerval y était de 64 à 343 € (plus éventuels frais annexes) ; l’an prochain il sera de 375 € pour tous.

Des situations familiales mal prises en compte

Les plafonds pour pouvoir bénéficier d’un minerval réduit varieront en fonction du nombre d’enfants dans la famille, le fait d’avoir d’autres enfants dans le supérieur comptant pour deux dans le calcul du nombre de personnes à charge. Mais le gouvernement semble n’avoir pas pris en compte que le fait d’avoir un enfant dans le secondaire supérieur coute également cher aux familles. En particulier, nombre d’études en technique de qualification ou professionnel sont tout aussi chères que des études supérieures. 

En outre, les parents séparés et familles recomposées sont particulièrement mal prise en compte. Les revenus d'un beau-père habitant au domicile de l’étudiant·e qui assume déjà le paiement des études de ses propres enfants seront pris en compte pour calculer les revenus de la famille, mais pas les revenus du parent de l'étudiant·e concerné·e avec lequel il n'est pas domicilié. 

Et qu’en est-il si les parents se sont séparés au cours des deux dernières années (puisque le minerval est calculé sur base des revenus de l’année 2024, deux ans avant)? Pour les étudiants boursiers, des règles existent déjà, qui permettent de recevoir une bourse forfaitaire dans certains cas (l’étudiant.e ne payera alors pas de minerval). Mais pour déterminer si l’étudiant·e qui n’a pas droit à une bourse d’études aura droit à un minerval au taux réduit ? A l’heure actuelle, nous n’avons pas d’informations.

Enfin, la réforme se base sur un principe de « globalisation des revenus » : tous les avertissements extraits de rôle du même ménage, sauf ceux des frères et sœurs et assimilés qui vivent au même endroit, et sauf les situations de colocation, sont pris en compte pour calculer les plafonds de ressources et déterminer le minerval à payer. De ce fait, si un grand-parent de l’étudiant·e habite sous le même toit (par exemple par solidarité familiale parce que la petite pension ne lui permet plus de payer un loyer propre), a priori, cette pension est prise en compte dans le plafond des revenus et pourrait entrainer dans certains cas une famille précaire à devoir payer le minerval maximum à 1194 €.

Des montants désormais indexés chaque année

Ces nouveaux frais d'inscription concernent la rentrée 2026. Ensuite, ils seront indexés chaque année (ce qui n'était plus le cas depuis 2011).

Les étudiant·e·s, mais aussi les organisations syndicales des personnels de l’enseignement supérieur et les directions d’établissements et recteur·ice·s d’universités se sont opposés à ce projet au sein de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur.

La Ligue des familles s’inquiète tout autant de la hausse brutale de ces frais d’inscription et de son impact sur l’accessibilité des études supérieures ; et ce, tout particulièrement dans certains établissements et certaines filières, qui jusqu’ici pouvaient être choisies par certaines familles parce que davantage accessibles financièrement. Si leurs frais d’inscription sont dans certains cas multipliés par 4, 6, voire 9, beaucoup de familles réfléchiront à deux fois avant d’inscrire leur enfant.

Etudiants en cours en haute école