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Garderies scolaires : les familles, captives, confrontées à une multiplication des hausses tarifaires

Au moins 20 communes ont augmenté les tarifs ces derniers mois

La nouvelle étude de la Ligue des familles révèle une tendance inquiétante à la hausse des tarifs des garderies. La Ligue des familles a pu recenser au moins 20 cas de villes et communes (dont 8 de plus de 50 000 habitants) ayant augmenté les tarifs des garderies ces derniers mois (voir la liste ci-dessous). Plus de 150 000 familles avec enfants vivent dans ces communes[1].

« Ce relevé n’est pas exhaustif : les communes ne communiquent pas toujours leurs décisions de hausses tarifaires à destination du grand public, et il est beaucoup plus difficile de recenser les augmentations des coûts dans les écoles libres. Néanmoins, la tendance à la hausse est nette et inquiétante », explique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Les communes indiquent souvent le coût de la garderie à l’heure. Mais quand on fait le calcul sur une année scolaire, pour une famille de plusieurs enfants, ces hausses peuvent atteindre des centaines d’euros pour les familles. »

Les parents n'ont pas le choix : la garderie est un service indispensable pour de très nombreuses familles

60% des parents ont recours aux garderies scolaires du matin et du soir[2] et 97% des enfants restent à l’école sur le temps de midi, or les frais de surveillance du temps de midi augmentent aussi dans certaines écoles.

« Les familles sont « captives » : pour concilier horaires de travail et horaires d’école, elles doivent recourir aux garderies et subissent donc ces hausses tarifaires sans rien pouvoir y changer » indique Madeleine Guyot.

Les parents n'ont pas le choix : la garderie est un service indispensable pour de très nombreuses familles

Suite aux difficultés budgétaires des communes, des conséquences en cascade pour les familles

Ces décisions des communes, parfois sous la férule de l’autorité régionale (dans le cadre des plans Oxygène en Wallonie), sont à lire dans un contexte budgétaire difficile pour les pouvoirs locaux. Les communes supportent des charges croissantes, parfois suite à des décisions d’autres niveaux de pouvoir, qu’elles répercutent sur les citoyens – ici les parents.

L’arrivée dans les CPAS des personnes exclues du chômage augmente les dépenses des communes et l’exclusion des personnes travaillant en ALE du chômage (dont de nombreuses personnes assurant les garderies) implique une hausse des dépenses de personnel pour assurer les garderies. Cela laisse craindre de nouvelles hausses des frais pour les parents dans les mois à venir.

« La plupart des décisions de hausse du coût des garderies dans les communes datent d’avant l’entrée en vigueur de la réforme du chômage. Si des communes ont probablement anticipé cette mesure en votant cette augmentation de recettes dès fin 2025, il reste néanmoins à craindre que d’autres décisions de hausse du coût des garderies puissent intervenir lors de l’élaboration des budgets communaux 2027, fin de cette année. »

Par ailleurs, la décision du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de ne pas indexer les subventions des acteurs de l’enfance – dont ceux en charge de l’accueil extrascolaire – contraindra les opérateurs de terrain à trouver des recettes supplémentaires, notamment auprès des familles.

Le cadre légal actuel protège insuffisamment les familles

Certains opérateurs en charge de l’accueil extrascolaire (= des garderies) sont agréés par l’ONE. Dans ce cas, les tarifs sont plafonnés : si l’enfant reste 3h ou moins à la garderie sur une journée à la garderie, les parents doivent payer maximum 5,43€ par jour pour cet enfant  - sauf si l’opérateur a obtenu une dérogation. Les critères de dérogation, soumis à l’appréciation de l’ONE, ne définissent pas de balises précises. En 2023, une dizaine d’opérateurs disposaient d’une dérogation. Si l’enfant reste à la garderie plus de 3h par jour, rien n’est précisé.

Mais il existe aussi des opérateurs non agréés qui, eux, peuvent appliquer des tarifs totalement libres, sans contrôle effectif de leurs prix par les autorités. Comment les parents peuvent-ils savoir si l’opérateur en charge de la garderie de leur enfant est agréé et dès lors si le plafond tarifaire est applicable ? C’est là que ça se complique. L’ONE ne communique pas publiquement la liste des opérateurs non agréés. Une recherche peut être effectuée sur le site my.one.be. Cependant, de très nombreux opérateurs, agréés ou non, affichent le logo de l’ONE. La présence de ce logo ne constitue donc aucune garantie. La seule solution restante, pour les parents qui veulent s’assurer de leurs droits, est d’interroger directement l’opérateur ou l’ONE.

Le cadre légal actuel protège insuffisamment les familles

Mieux protéger les droits des familles face aux hausses tarifaires

Face à ces constats, la Ligue des familles demande notamment :

  • La publication régulière, au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des coûts des garderies (y compris dans les structures non agréées), afin de connaître les frais à charge des familles et d’identifier les évolutions inquiétantes.
  • Un plafonnement tarifaire obligatoire pour tous les organismes, même non agréés.
  • L'obligation pour chaque école d'organiser des garderies – ce n’est pas le cas actuellement.
  • La généralisation de la gratuité de la surveillance du temps de midi.

[1] Statbel, population au 1er janvier 2026 (chiffre totalisant les couples mariés avec enfants, couples mariés sans enfant et familles monoparentales domiciliés dans ces communes)
[2] Baromètre des parents 2024 : Baromètre-2024-(final).pdf

Hausses des tarifs des garderies annoncées ces derniers mois

Nous listons ci-dessous des communes ayant augmenté les tarifs des garderies ; à Hannut, la hausse s’applique aux prestations de l’asbl L’Eveil, créée par la commune et chargée de centraliser le secteur de l’accueil extrascolaire tous réseaux confondus.

Cette liste n’est pas exhaustive, les communes n’assurant évidemment pas toujours une large publicité de leurs hausses tarifaires.

D’autres hausses, non recensées ici, concernent en outre des écoles libres (plus difficiles à identifier) ou des écoles de l’enseignement officiel (par ex. : Athénée royal Marguerite Bervoets à Mons, du réseau officiel Wallonie-Bruxelles Enseignement).

Bruxelles

  • Uccle
  • Ixelles
  • Watermael-Boitsfort
  • Jette

Brabant wallon

  • Ottignies-Louvain-la-Neuve
  • Wavre
  • Genappe
  • Chaumont-Gistoux

Luxembourg

  • Libramont
  • Fauvillers

Hainaut

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  • Mouscron
  • La Louvière
  • Brunehaut
  • Silly

Liège

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  • Hannut

Namur

  • Namur
  • Dinant