Analyses et études
Résumé
Permettre aux mères de transférer une partie de leur congé de maternité à l’autre parent est une idée qui revient régulièrement au sein du débat politique. L’Open VLD a récemment déposé une proposition de loi en ce sens. Si cette mesure est présentée comme un moyen de renforcer l’implication des pères et d’offrir plus de flexibilité aux familles, la Ligue des familles s’inquiète de ce qu’elle charrie en termes de risques pour la santé et les droits des mères et l’égalité femmes-hommes. Le congé de maternité belge, limité à quinze semaines, est déjà l’un des plus courts d’Europe, et un transfert risque de fragiliser davantage la protection des mères et d’intensifier la pression sur celles-ci.
En effet, conditionner la durée du congé des pères au rabotage de celui des mères n’est ni souhaitable, ni efficace. Seuls des congés égaux, non transférables et financés publiquement permettent un réel changement. Les exemples étrangers confirment que la transférabilité accroît la charge des mères et creuse les inégalités de genre. Par ailleurs, le dispositif proposé créerait des pressions économiques et professionnelles sur les femmes, et s’avèrerait complexe à mettre en place pour les employeurs.
La Ligue des familles recommande plutôt d’allonger le congé de paternité/coparentalité, de le rendre en partie obligatoire et de mieux le rémunérer, afin de promouvoir une égalité effective sans nuire aux droits acquis des mères.
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