Analyses et études

Faire de l’alimentation scolaire une réelle priorité de santé, de qualité des apprentissages, de développement territorial et de justice sociale

Faire de l’alimentation scolaire une réelle priorité de santé, de qualité des apprentissages, de développement territorial et de justice sociale

Résumé

L’alimentation scolaire de qualité constitue un levier essentiel pour la santé physique et mentale des enfants.

Elle améliore leurs conditions d’apprentissage et contribue à réduire l’échec scolaire. Elle joue un rôle clé dans la lutte contre la précarité alimentaire et la lutte contre les inégalités sociales, alors qu’en Wallonie une mère sur sept se prive parfois de manger à sa faim pour que son enfant puisse manger. Garantir progressivement à tous les enfants un repas complet et équilibré le midi est un enjeu social majeur. Les repas scolaires sont également un outil pour soutenir une agriculture durable et renforcer les circuits courts.

Depuis les premiers plans wallons et fédéraux de lutte contre la pauvreté, ainsi que dans le cadre de la Garantie européenne pour l’enfance, les repas scolaires figuraient parmi les mesures prioritaires pour réduire les inégalités, et pour renforcer les liens entre production agricole durable et alimentation de qualité. Depuis une dizaine d’années, les acteurs du secteur et du monde associatif ont travaillé intensément, mené des concertations et engagé des négociations afin d’obtenir des avancées. Celles-ci demeurent toutefois insuffisantes et devraient être renforcées.

Pourtant, l’alimentation scolaire connaît aujourd’hui un profond recul avec la suppression du décret « repas scolaires complets, gratuits, sains et durables » associé à de lourdes économies budgétaires. Ces décisions, combinées pour les populations concernées à d’autres mesures affectant tout particulièrement les moyens financiers des familles les plus précarisées, mettent en péril la dynamique construite et pénalisent en premier lieu les enfants précarisés, leurs familles, mais aussi les écoles, les agriculteurs et divers acteurs économiques parties à toute la filière de production alimentaire.

À l’initiative du travail conjoint de École à Table et de la Ligue des familles, un large collectif d’organisations soutient l’analyse argumentaire suivante et appelle les autorités politiques à revenir sur les décisions prises pour assurer à court terme la viabilité des projets « repas complets, gratuits, sains et durables » pour les 55 300 enfants défavorisés concernés, avant de faire de l’alimentation à l’école une véritable priorité politique associant tous les acteurs et entités concernés.