Actualités

Débat sur les allocations familiales : suite et pas fin

En Wallonie, le gouvernement prend plusieurs mesures d’économies sur les allocations familiales des jeunes de 18 à 21 ans et des jeunes en situation de handicap. Et il fixe une clause de rendez-vous dans un an : d’ici là, il entend mener « un travail prospectif pour s’assurer de la bonne utilisation des moyens. »

Lors de la présentation du budget 2026 du gouvernement wallon, la Ligue des familles a pu constater que la mobilisation des derniers mois a permis d’éviter les mesures les plus dures qui avaient été évoquées en ce qui concerne les allocations familiales. Sous réserve de la conclusion des travaux budgétaires du gouvernement fédéral, qui ne sont pas terminés à l’heure d’écrire ces lignes, et qui laissent planer la menace d’un saut d’index sur les allocations sociales, dont les allocations familiales. Et de ceux des négociateurs du budget bruxellois, alors que les allocations familiales sont aussi sous tension à Bruxelles.

La Ligue des familles demeure toutefois inquiète d’entendre que le gouvernement wallon compte « mener un travail prospectif pour s’assurer de la bonne utilisation de ces moyens ». Évidemment, s’assurer de la bonne utilisation des moyens, c’est tout à fait normal. Le fait de l’annoncer dans une conférence de presse sur le budget, c’est par contre plus particulier et inquiétant : cela sous-entend que des moyens attribués aux familles pourraient constituer une forme de gaspillage. Un ministre wallon, dont le nom n’était pas cité, indiquait d’ailleurs dans le journal La DH, en évoquant ce « travail prospectif », que le système des allocations familiales serait revu prochainement : « on ne peut plus fonctionner avec le modèle actuel », commentait-il. Comme si les conclusions de ce travail étaient connues avant même son démarrage.

Quelques semaines plus tôt, le Ministre-Président Adrien Dolimont (MR) indiquait dans l’émission Jeudi en prime, toujours à propos des allocations familiales : « Est-ce que c’est le meilleur moyen que de donner toute une série de chèques à des familles ? Là je rentre plutôt dans un débat philosophique au-dessus de la mêlée. Est-ce que c’est la meilleure méthode au bénéfice de l’enfant ? Je pense qu’on doit pouvoir se poser ces questions-là. »

Dans l’immédiat, le gouvernement Dolimont a annoncé plusieurs mesures d’économies sur les allocations familiales, qui s’ajoutent au report d’indexation de deux mois déjà voté. Tout d’abord, un durcissement des conditions pour l'octroi des allocations familiales aux jeunes de 18 à 21 ans. Cela concerne surtout, en pratique, les jeunes qui changent d’orientation, interrompent leurs études, commencent certaines formations non reconnues pour le droit aux allocations familiales. Ils auront droit aux allocations familiales pendant 12 mois maximum. Si un jeune rate sa première année d’études puis suit par exemple des cours de langue pendant un an, le temps de trouver sa voie, il épuise tout son pot d’allocations familiales. Ça veut dire qu’après ses études, s’il ne trouve pas un emploi immédiatement, il n’aura plus droit aux allocations familiales.

Ensuite, le gouvernement entend mettre fin au cumul du supplément d’allocations familiales pour les jeunes de 18 à 21 ans en situation de handicap qui perçoivent une allocation d’intégration et/ou une allocation de remplacement de revenu. La Ligue des familles regrette vivement que le gouvernement décide de faire peser des économies sur ces familles qui cumulent déjà tant de difficultés, ce qui rapportera à peine 400 000€ à la Région wallonne – une paille à l’échelle du budget wallon.

La Ligue des familles se réjouit par contre que le gouvernement entende créer des flux de données afin d'octroyer les allocations familiales automatiquement aux jeunes qui effectuent des études supérieures, sans que cela nécessite de démarches du jeune ou de sa famille. Ce sont du temps et de l’énergie que les parents vont pouvoir consacrer à d’autres choses, surtout en période de rentrée scolaire. 

Enfin, pour les familles monoparentales qui ont des revenus compris entre 33.887,51 € brut/an et 54.685,50 € brut/an, le supplément d’allocations familiales va doubler : il sera de 24,87€/mois au lieu de 12,43€/mois. Il s’agit d’une mesure positive pour soutenir ces familles qui peinent à joindre les deux bouts.