Communiqué de presse

Dans plus de 80% des familles, c’est maman qui recouvre les cahiers

Acheter les fournitures scolaires, recouvrir les cahiers, étiqueter les affaires au nom de l’enfant…  en 2026 encore, dans l’écrasante majorité des familles, c’est la mère qui prend en charge les tâches liées à la rentrée scolaire.

Pour la Ligue des familles, développer et améliorer un système de fourniture du matériel scolaire par les écoles, ce n’est pas seulement assurer la gratuité scolaire : c’est aussi diminuer la charge pour les parents à la rentrée, et pour les mères en particulier.

 

Une écrasante majorité des femmes prennent en charge, seules, les tâches liées à la rentrée

89% des femmes étiquettent entièrement seules ou majoritairement seules les affaires des enfants pour l’école, tâche que… 0% des pères assument seuls, et 1% des pères assument « majoritairement ». Dans 8% des familles, les parents s’occupent de cette tâche ensemble.

C’est l’un des résultats de l’enquête de rentrée de la Ligue des familles menée, pour ce volet, auprès de 980 familles. La tendance est similaire pour les autres tâches liées à la rentrée scolaire.

« On pouvait s’attendre à ce que les femmes prennent en charge une plus forte proportion des tâches liées à la rentrée, comme c’est malheureusement le cas pour toutes les tâches familiales, mais l’ampleur de ces inégalités, en 2026 encore, est particulièrement préoccupante », commente Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles.

Une écrasante majorité des femmes prennent en charge, seules, les tâches liées à la rentrée

Les mères davantage stressées voire débordées par la rentrée

Les mères sont dès lors plus nombreuses que les pères à se sentir stressées (65% des mères pour 52% des pères), voire débordées (63% des mères pour 53% des pères) au moment de la rentrée.

« On constate également des différences importantes de vécu de la rentrée selon la configuration familiales, l’âge des enfants, les revenus de la famille », poursuit Madeleine Guyot. « Plus l’enfant grandit, plus le stress lié à la rentrée augmente, notamment car en secondaire, les coûts se multiplient, il n’y a plus toujours une liste de rentrée unique mais des demandes qui varient selon les professeurs, etc. Les familles monoparentales, les familles nombreuses et les familles à bas revenus sont également beaucoup plus inquiètes à ce moment de l’année et doivent consacrer beaucoup d’efforts à la recherche des fournitures au meilleur coût pour s’en sortir. »

En moyenne, les parents doivent se rendre dans 4 magasins pour trouver toutes les fournitures

On constate ainsi qu’en moyenne, les parents doivent se rendre dans 3,9 magasins différents pour trouver toutes les fournitures de rentrée. Mais pour les familles à bas revenus, le nombre de magasins parcourus monte, en moyenne, à 5,3, pour trouver les meilleures offres, les promotions, etc.

En commentaires (lire pp. 31 et suivantes de l’étude), de nombreux parents témoignent de la difficulté à trouver certaines fournitures :

« L’école nous demande de chercher une "chemise à lamelle" (?). Nous demandons à la vendeuse, qui nous emmène dans les textiles. Et finalement on découvre qu'il fallait une farde à glissière. »

En moyenne, les parents doivent se rendre dans 4 magasins pour trouver toutes les fournitures

« Un cahier A4 de pages blanches à acheter pour le cours de français, sans couverture épaisse, sans spirale ni reliure apparente. Il était introuvable dans 5 magasins, on a dû en faire 6. Résultat : un cahier acheté 8€ et déballé… mais qui finalement ne convenait pas ! »

« L'institutrice de mon fils demandait dans la liste des cahiers très spécifiques (carreaux d'1 cm, 120 pages). Ces cahiers étaient introuvables (uniquement 70 pages dans les magasins). J'ai fait 8 magasins. »

La fourniture du matériel par les écoles, une mesure qui permet la gratuité scolaire mais aussi une réduction de la charge qui pèse sur les épaules des mères

Un système de fourniture du matériel par les écoles a été progressivement mis en œuvre en maternelle, début de primaire et enfin en 4e et 5e primaire à cette rentrée. La Ligue des familles appelle à son développement en 6e primaire et en secondaire et à son amélioration (en particulier, via un financement suffisant des écoles) : « Quand les enfants reçoivent directement le matériel de l’école, cela permet d’assurer une gratuité scolaire réelle, mais cela a aussi un impact majeur dans la réduction de la charge mentale et organisationnelle qui pèse sur les parents, et très majoritairement sur les femmes », conclut Madeleine Guyot.