Communiqué de presse
La Ligue des familles et École à table appellent les élus locaux à se mobiliser
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a acté la fin du dispositif de repas complets, gratuits, sains et durables dans 429 implantations scolaires maternelles et primaires concentrant les enfants les plus défavorisés. Ces écoles sont réparties dans 80 communes. La Ligue des familles et École à table ont contacté les communes les plus touchées, pour permettre aux conseils communaux de s’emparer de la question et d’appeler le gouvernement à revenir sur sa décision dans le conclave budgétaire qui est en cours.
Dans certaines communes, plusieurs dizaines d’implantations scolaires concernées
50 implantations scolaires concernées à Liège, 40 à Charleroi, 33 à Bruxelles-Ville, 18 à La Louvière et Mouscron… dans certaines communes, ce sont des milliers d’enfants qui n’auront plus droit au dispositif de repas complets gratuits, sains et durables à la rentrée prochaine. Au total, 55 300 élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles. La liste des communes et implantations scolaires concernées est jointe à ce communiqué de presse.
Difficile d’apprendre quand on a faim ou quand les repas ne répondent pas aux besoins. Malgré cette évidence, en décembre dernier, en Fédération Wallonie-Bruxelles, la majorité MR-Engagés a voté la suppression d’un projet de repas scolaires accessible aux établissements scolaires des milieux les plus défavorisés. Les écoles peuvent théoriquement continuer à financer des repas mais le définancement est si important que, toutes choses égales par ailleurs, le subside par repas passe de 3,70 € à 0,43 € en moyenne. Les repas complets, gratuits, sains et équilibrés à destination des enfants les plus précarisés deviennent donc, de facto, inorganisables.
Le conclave budgétaire est en cours, il est encore temps de revenir sur cette décision
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles négocie en ce moment son ajustement budgétaire. C’est donc maintenant que la décision peut être réexaminée ! Dans le même temps, la semaine passée, les écoles concernées ont reçu leurs informations financières pour l’année à venir et constatent cette baisse drastique de budget. Les communes peuvent donc aujourd’hui enfin être informées des perspectives à venir concernant les écoles sur leurs territoires.
Dans ce contexte, la Ligue des familles et École à table ont pris contact avec les communes dont plusieurs écoles se sont investies dans le projet “repas complets, gratuits, sains et durables”. Les deux associations proposent aux communes d’adopter une motion demandant au gouvernement Degryse :
- à très court terme, de préserver la viabilité des repas complets, gratuits, sains et durables dans les établissements concernés
- à moyen terme, de réunir tous les niveaux de pouvoirs concernés pour refaire de l’alimentation scolaire saine et accessible à tous les enfants une réelle priorité.
Le résultat du conclave budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles est attendu pour la fin avril - début mai.
Quels moyens restent disponibles pour organiser des repas ?
En 2025-2026, 429 établissements accueillant des enfants de milieux particulièrement précaires recevaient 21,4 millions € pour organiser des repas scolaires. En 2026-2027, le gouvernement a décidé de supprimer ce budget et de donner la possibilité aux écoles d’utiliser les moyens complémentaires de l’encadrement différencié pour financer des repas, si elles le souhaitent. Ces moyens complémentaires sont augmentés de 8,2 millions pour ce faire. Ils sont donc dilués dans deux fois plus d’écoles (760 établissements environ). Cette réallocation ne tient pas compte du fait qu’avant de subsidier des repas eux-mêmes, il faut financer les frais de fonctionnement du service de repas (infrastructures, matériel, personnel).
Le gouvernement Degryse a annoncé renforcer les moyens de l’encadrement différencié à hauteur de 13 à 14 millions € pour permettre le financement de repas. Les tableaux budgétaires du gouvernement, dans les décrets votés au Parlement, montrent en réalité une différence de 8,2 millions € (18,941 m€ - 10,708 m€) de moyens disponibles entre les budgets 2025 et 2026 pour l’encadrement différencié, les écoles pouvant désormais facultativement utiliser ces moyens pour des repas. C’est sur base de ces données publiques que nous avons calculé que le subside moyen par repas passe de 3,70 € à 0,43 €.
Même si les moyens avaient été restreints à 14 millions €, le subside moyen par repas resterait totalement insuffisant (le subside par repas passerait alors à 0,85 €). La dilution et les frais de fonctionnement expliquent notamment cela.
Nombre d'implantations scolaires concernées par région et commune