Communiqué de presse

Fêtons les mamans mais surtout améliorons leurs conditions de vie

La société ne fait pas de cadeau aux mamans. On leur demande de travailler comme si elles n’avaient pas d’enfants et de s’occuper de leurs enfants comme si elles ne travaillaient pas. Aujourd’hui encore, elles assument la plus grande partie du coût de la parentalité. La Ligue des familles appelle à une réforme des congés familiaux en faveur d’une meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle et un meilleur équilibre entre les hommes et les femmes.

364 jours par an, les mamans ne sont pas à la fête

En 2022 encore, ce sont les femmes qui assument la plus grande partie du coût de la parentalité, tant au niveau financier qu’en ce qui concerne le temps consacré aux soins aux enfants et aux tâches ménagères.

  • La naissance d’un enfant représente une diminution de 43% des revenus des mères sur le long terme, selon une étude d’économistes de l’ULB. Aucune diminution similaire n’est observée chez les pères.
  • Les mères ont 40% de risques en plus d’être en incapacité de travail que les pères.
  • Les mères continuent à assumer la plus grande partie des tâches ménagères et à s’occuper davantage des enfants.
  • Les mères travaillent davantage à temps partiel, recourent davantage aux congés parentaux.

Du temps et des moyens pour s’occuper de sa famille

L’accord du gouvernement fédéral prévoit de « réformer les différents régimes de congés pour les parents afin de permettre une répartition plus équilibrée, entre les hommes et les femmes, de l’accueil et des soins aux enfants ».

2 ans et demi plus tard, la Ligue des familles appelle à avancer en la matière, avec une balise fondamentale : la réforme des congés familiaux ne peut en aucun cas se faire à la baisse, au détriment des droits acquis tant au niveau de la durée des congés que du montant des allocations. La vie des parents est déjà une course permanente contre le temps. Réduire les dispositifs existants, qui sont déjà insuffisants, serait inimaginable. 

Les familles appellent à renforcer les congés familiaux. Notamment :

  • Une rémunération des congés familiaux à hauteur de 100% du salaire. Le congé parental est rémunéré à peine 812€/mois. C’est encore pire en ce qui concerne le crédit-temps : 497€. Ces dispositifs sont totalement inaccessibles aux parents à bas revenus. Autre conséquence de cette faible rémunération: ce sont majoritairement les femmes qui recourent aux congés parentaux. Comme la femme a généralement le plus bas revenu du couple, la perte financière est moindre pour le ménage si c’est elle qui interrompt son travail. 
  • Un accès aux congés familiaux pour les travailleurs et travailleuses précaires qui en sont aujourd’hui exclus. Pour prétendre à un congé parental, il faut une ancienneté de 12 mois chez le même employeur (24 mois même en ce qui concerne le crédit-temps). Les parents qui enchaînent les contrats, parfois très précaires, n’ont donc pas accès à ces dispositifs, alors qu’ils en ont peut-être besoin plus que tout autre parent..
  • Un congé de paternité de même durée que le congé de maternité. Quand, dès les premiers mois, les deux parents sont présents, ils ont la possibilité de mieux se répartir les soins au bébé et les tâches ménagères. Ce qui a un impact sur le long terme : il est plus facile de maintenir le partage de ces tâches que de revenir sur une répartition homme-femme déséquilibrée depuis le début.
  • Un congé de paternité obligatoire (au moins les premières semaines), afin de permettre à tous les pères de prendre ce congé sans craindre de conséquences professionnelles négatives. Jusqu’à présent, sur les 10 jours de congé de paternité auxquels les pères avaient droit, ils n’osaient en prendre, en moyenne, que 6 !

Avec une telle réforme, il ne s’agit pas de faire un cadeau aux mamans pour leur fête. Mais bien de réparer des injustices persistantes et de donner aux femmes les moyens de mieux vivre leur maternité.

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