Communiqué de presse
La Ligue des familles se réjouit que sa mobilisation ait payé
La Ligue des familles est soulagée de voir, selon les annonces du gouvernement wallon, les allocations familiales préservées dans toutes leurs composantes et indexées.
Alors que depuis des mois, différents ministres du gouvernement wallon (lire ci-dessous) avaient régulièrement et fortement attaqué le modèle d’allocations familiales, la Ligue des familles se réjouit que sa mobilisation ait porté ses fruits et que le gouvernement ait réalisé que les familles wallonnes ne pouvaient plus absorber une nouvelle perte de pouvoir d’achat.
Un choix fort de maintenir la seule aide financière directe à toutes les familles wallonnes
« C’est un peu paradoxal de se réjouir aujourd’hui du simple maintien de ce qui existe mais les attaques incessantes de membres du gouvernement en la matière avaient beaucoup inquiété les familles. Depuis un an, la Ligue des familles était fortement mobilisée pour la préservation des allocations familiales. Elle est rassurée que le gouvernement wallon ait fait le choix fort, dans un contexte budgétaire difficile, de maintenir les allocations familiales dans toutes leurs composantes pour ne pas fragiliser davantage les familles » commente Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles.
Rappelons que les familles wallonnes subissent déjà notamment le report de deux mois de chaque indexation des allocations familiales (voté l’an dernier), la hausse des tarifs TEC, la hausse du coût des garderies à de nombreux endroits, ainsi que la fin de repas scolaires gratuits dans les écoles les plus défavorisées. « Le maintien des allocations familiales ne compense nullement ces hausses de coût, mais il était temps en tout cas de mettre un terme à cette liste de charges supplémentaires pour les parents », termine Madeleine Guyot.
Des inquiétudes concernant les maisons de repos
La Ligue des familles s’inquiète par contre des « trois neutralisations de 2% » du financement public des maisons de repos et maisons de repos et soins. « Cela nous inquiète car ces institutions ne disposent pas de marge : des économies se concrétisent toujours dans le service aux résidents. Les personnes âgées qui vivent en maison de repos constituent un public particulièrement fragile, qui n’est pas toujours en capacité d’exprimer ses difficultés, qui n’est pas toujours entendu, loin de là, et leurs familles sont souvent démunies. La Ligue des familles appelle les familles qui constateraient des problèmes liés au manque de moyens en maisons de repos à prendre contact avec ses services pour qu’elle puisse s’en faire le relais. »
L’avancée vers la garantie autonomie constitue en revanche un signal positif, il faudra en examiner les modalités concrètes. « Il est primordial en effet de tout mettre en œuvre pour permettre aux personnes en perte d’autonomie qui le souhaitent de rester à domicile le plus longtemps possible dans de bonnes conditions. Cela ne dispense toutefois pas d’améliorer encore l’accueil en maison de repos également, car le maintien à domicile ne sera jamais possible dans toutes les situations ».
Crèches : mais encore ?
La Ligue des familles se réjouit enfin de l’ambition affichée de créer de nouvelles places en crèche et de préserver l’existant car la fermeture de nombreuses places ces dernières années met les parents de jeunes enfants dans des situations intenables. Néanmoins, les informations communiquées en conférence de presse n’ont pas permis d’identifier clairement les nouveaux budgets qui y seraient affectés, au-delà de la poursuite du plan initié il y a déjà plusieurs années : combien, pour quelle période, pour maintenir combien de places et en créer combien, au-delà du plan déjà en cours ? Cela restera à éclaircir.
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Pour mémoire, la succession des prises de parole sur les allocations familiales de ces derniers mois
Adrien Dolimont dans Le Soir le 11/07/26
Le journaliste S. Van de Velde: Vous dites que vous ne voulez pas prendre dans le portefeuille des citoyens mais ne le faites-vous pas indirectement, en augmentant le prix du transport en bus, ou en touchant aux allocations familiales ?
Dolimont: "(...) Sur les allocations familiales, on a le régime le plus généreux du pays. Un enfant en Wallonie et un enfant en Flandre ne valent pas la même chose. Est-ce que la Région la plus pauvre du pays doit soutenir de la même façon ? Je ne veux pas retirer les allocations familiales. Je veux m’assurer que les publics les plus fragilisés soient toujours soutenus."
Adrien Dolimont sur La Première, 20/05
Le journaliste Baptiste Hupin: "Si les titres-services augmentent, ça touche au pouvoir d'achat wallon. De la même manière que les allocations familiales, qui sont aussi une compétence wallonne, pourraient être dans le viseur des économies."
Adrien Dolimont: "Tout à fait. Mais ce qu'il faut, c'est avoir une vision la plus systémique possible. C'est à dire qu'on ne doit pas avoir une vision d'intérêts particuliers et tout le monde ne bénéficie pas d'allocations familiales, tout le monde ne bénéficie pas de titres-services. Ce qu'il faut, c'est que la politique soit juste et que les moyens publics mis pour soutenir ces politiques soient les plus efficaces pour répondre à l'objectif et donc on est en droit de se questionner. Je ne sais pas encore vous dire aujourd'hui quels seront l'avenir des titres-services, quels seront l'avenir des allocations familiales, pour reprendre les deux exemples que vous avez exprimés juste maintenant, pour ne pas froisser mes collègues du gouvernement, mais on doit pouvoir se dire: aujourd'hui, on évalue, quel est l'objectif de cette politique, et est-ce que les moyens qui sont mis rendent bien le service lié aux moyens publics qui sont mis. C'est juste une question d'évaluation.
Le Soir 19/05
"Les libéraux vont revenir avec une volonté de mettre l’Aviq (plus) à contribution et vont vouloir imposer leur réforme initiale des allocations familiales (plafonnement des allocations pour familles nombreuses). Et à en croire François Desquesnes, Les Engagés n’en font pas une ligne rouge. « Aucune dépense et aucune recette ne sont taboues, mais on a une boussole : la santé et une justice redistributive. » Un fameux compromis dans le chef d’un parti qui s’est opposé bec et ongles à une réforme plus radicale des allocations familiales, voulue par le MR, lors du précédent conclave budgétaire."
Yves Coppieters sur La Première, 18/05
"[Explique les mesures déjà décidées en matière d'allocations familiales pour les 18-25 ans] Après, on ne touche pas au reste à ce stade-ci. Il y a un groupe de travail qui est mis en place par le gouvernement, qui va rendre des comptes d'ici septembre au gouvernement et qui fera des propositions. Pas d'économies, mais d'optimisation des allocations familiales, puisque c'est ça qui est dans l'accord du gouvernement. L'idée bien sûr c'est qu'on garde ce volet de la sécurité sociale et de l'aide aux familles et surtout de l'aide aux familles les plus précaires, et qu'on les maintienne bien sûr dans le temps."
Jacqueline Galant dans Le Soir, 02/06
"Vu les efforts à devoir réaliser, c’est important qu’on puisse parler de tout. Je vais donner l’exemple des allocations familiales : est-ce normal que moi, je reçoive des allocations familiales alors que j’ai un salaire mirobolant de politique ? L’aide sociale doit aller vers les personnes qui en ont vraiment besoin. Doit-on continuer à verser une allocation familiale au-dessus de trois enfants ? C’est un choix de vie."
Pierre-Yves Jeholet dans La Libre, 18/07
"Ma priorité est de ne pas augmenter la fiscalité, ni sur les entreprises ni sur les citoyens. Nous avons pour objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici à 2029, ce qui demandera un effort structurel de 800 millions d’euros. C’est un effort colossal, plus important que les précédents. Cet argent ne va pas tomber du ciel, nous ne pouvons pas tracer de lignes rouges sur certains points. Il ne faut pas avoir de tabou."
Parmi ces tabous, vous pensez aux allocations familiales, par exemple ?
"Entre autres. Lorsque vous devez trouver 800 millions d’euros à l’horizon 2029 sur un budget de 22 milliards d’euros, il est nécessaire de s’intéresser aux grandes masses d’argent. Économiser un million par ci, deux millions par là, cela ne suffit pas. Pour régler le problème de l’endettement, il est nécessaire de changer notre modèle social. Il faut revenir sur des acquis sociaux. Certains datent d’il y a 20 ou 30 ans et ne correspondent plus aux besoins d’aujourd’hui."