Analyses et études
Introduction
La conciliation entre vie professionnelle et vie familiale reste un défi quotidien pour la majorité des parents, en raison notamment de l’inadéquation entre les horaires scolaires et ceux du travail.
L’accueil extrascolaire, mieux connu sous le nom de « garderies scolaires », constitue dès lors un soutien essentiel pour de très nombreuses familles. La très grande majorité des écoles proposent en effet volontairement –car ce n’est pas une obligation– un accueil avant et/ou après les heures de classe, parfois assorti d’activités spécifiques. Le coût et les modalités de tarification demeurent très variables selon les établissements scolaires et les politiques communales en la matière.
Or, exemples à l’appui, une tendance s’est dessinée ces derniers mois : la hausse des coûts portés aux familles qui y ont recours. En l’absence de statistiques officielles, et face à la diversité des systèmes de tarification en vigueur, il reste difficile de mesurer objectivement l’ampleur de ces augmentations. La Ligue des familles a pu recenser au moins 1721 cas de villes et communes (dont 8 de plus de 50 000 habitants) ou d’écoles ayant augmenté les tarifs des garderies, parfois drastiquement, ces derniers mois. Un relevé non exhaustif, les décisions des communes, et encore moins celles des écoles libres, n’étant pas forcément relayées dans la presse. La situation budgétaire des communes, qui se complexifie encore suite à l’arrivée dans les CPAS des personnes exclues du chômage depuis ce début 2026, et l’exclusion des personnes travaillant en ALE du chômage, laissent en outre craindre de nouvelles hausses des frais pour les parents dans les mois et années à venir.
À côté de l’accueil des enfants avant et après les heures scolaires, si la surveillance durant le temps de midi est gratuite pour 61%1 des parents, elle est facturée aux familles dans de nombreux établissements.
Le financement public de la surveillance du temps de midi demeure très insuffisant, obligeant très souvent les écoles à recourir à une source complémentaire de financement : le soutien d’une structure tierce (comme les communes, dont les finances sont mises à rude épreuve par des très nombreuses réformes prises à différents niveaux de pouvoir) et/ou en compensant le coût financier par une hausse des factures auprès des familles.
Pourtant, la quasi-totalité des enfants restent à l’école durant cette période (97%²) ; il s’agit donc d’un service indispensable au quotidien pour les familles, qui devrait être gratuit, puisqu’il se déroule en plein cœur de la journée scolaire.
De manière générale, face à ces constats, la Ligue des familles s’inquiète fortement que les prochains mois voient se poursuivre, voire s’accentuer la tendance à la hausse tarifaire déjà observée, avec pour conséquence directe une sollicitation plus importante du portefeuille des familles pour réaliser des missions éducatives d’intérêt public, au risque de mettre davantage de parents et d’enfants en difficulté.
1Baromètre 2024 (sondage Dedicated) de la Ligue des familles. Disponible en ligne : https://liguedesfamilles.be/article/barometre-des-parents-2024.
²Idem.