Communiqué de presse
Budget wallon
Après la conférence de presse du gouvernement wallon, la Ligue des familles constate que la mobilisation de ces dernières semaines a permis d’éviter les mesures les plus dures, dans l’immédiat, en ce qui concerne les allocations familiales. Elle demeure toutefois inquiète d’entendre que le gouvernement wallon entend « mener un travail prospectif pour s’assurer de la bonne utilisation de ces moyens ».
"Un travail prospectif pour s'assurer de la bonne utilisation des moyens": inquiétant
« Évidemment, s’assurer de la bonne utilisation des moyens, c’est tout à fait normal. Le fait de l’annoncer dans une conférence de presse sur le budget, c’est par contre très particulier et inquiétant : cela sous-entend que ces moyens attribués aux familles pourraient constituer une forme de gaspillage. », commente Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. « Ceci dans un contexte où ce dispositif de solidarité envers les familles, mis en place pour aider à faire face au coût élevé d’un enfant, est sans cesse remis en cause. Il faut rappeler que les familles subiront déjà un report d'indexation de deux mois de leurs allocations familiales, et ce à chaque fois qu'il y a une indexation – ça c’est déjà voté. On constate par ailleurs que le gouvernement fédéral évoque un saut d’index sur les allocations sociales, cela générerait aussi un saut d’index sur les allocations familiales et donc une perte nette pour toutes les familles. Enfin, à Bruxelles aussi, des mesures d'économies restent sur la table. »
L’« optimisation des allocations familiales » : un durcissement, en réalité
Le gouvernement confirme par ailleurs l’« optimisation des allocations familiales » prévue dans l’accord de gouvernement. Concrètement :
- Actuellement les jeunes de 18 à 21 ans ont droit aux allocations familiales sauf s’ils travaillent ou perçoivent des allocations sociales. C'était donc déjà un droit conditionnel.
- Demain, on renforce cette conditionnalité: les jeunes du même âge auront droit aux allocations familiales pendant maximum un an entre 18 et 21 ans, s’ils ne sont pas étudiants.
« Donc les conditions – être étudiant, ne pas percevoir de revenu professionnel… - restent les mêmes », indique Madeleine guyot. « Là où ça change surtout, c’est pour les jeunes qui changent d’orientation, interrompent leurs études, commencent certaines formations non reconnues pour le droit aux allocations familiales. Ils auront droit aux allocations familiales pendant 12 mois maximum. Si un jeune rate sa première année d’études puis suit par exemple des cours de langue pendant un an, le temps de trouver sa voie, il épuise tout son pot d’allocations familiales. Ça veut dire qu’après ses études, s’il ne trouve pas un emploi immédiatement, il n’aura plus droit aux allocations familiales. Le gouvernement parle d’optimisation, mais c’est bien d’un durcissement qu’il s’agit. »
La Ligue des familles se réjouit par contre que le gouvernement entende créer des flux de données afin de savoir directement quels jeunes effectuent des études supérieures, sans que cela nécessite de démarches du jeune ou de sa famille. « C’est annoncé depuis longtemps, on attend d'en voir la concrétisation, mais ce sera une bonne nouvelle pour les familles quand ce sera en place », indique Madeleine Guyot. « Ce sont du temps et de l’énergie que les parents vont pouvoir consacrer à d’autres choses plus prioritaires dans les années à venir, surtout en période de rentrée scolaire. »
Hausse du plafond de revenus pour les familles monoparentales : une bonne nouvelle
Pour les familles monoparentales qui ont des revenus compris entre 33.887,51 € brut/an et 54.685,50 € brut/an, le supplément d’allocations familiales va doubler : il sera de 24,87€/mois au lieu de 12,43€/mois. Il s’agit d’une mesure positive pour soutenir ces familles qui peinent à joindre les deux bouts.
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