Sondage - Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages

22 février 2022


La Ligue des familles, avec le soutien financier d’Ikea, a mené un sondage IPSOS auprès de 1150 familles monoparentales wallonnes et bruxelloises concernant le logement*. A tous les niveaux, les parents solo sont confrontés à des difficultés majeures : difficultés à trouver un logement, à le payer, à vivre dans des conditions décentes. Ils et surtout elles – les femmes connaissant des difficultés encore accrues – appellent à des réponses politiques fortes.

L’entrée en monoparentalité, un déclassement pour tous les parents

L’un des faits marquants de ce sondage est que l’entrée en monoparentalité génère un déclassement pour tous les parents, même ceux qui vivaient relativement bien avant cela. Ainsi, 1 parent propriétaire sur 3 devient locataire suite à une séparation ou quand il devient parent solo pour une autre raison. Mais c’est évidemment pour les parents les plus précaires que la situation est la plus interpellante : pas moins d’1 parent solo sur 20 a été sans-abri ou est passé par un squat !

1 famille monoparentale sur 5 consacre plus de la moitié de son revenu à son logement

Trouver un logement décent et payable quand on devient solo est extrêmement difficile. Suite à une séparation, la moitié des parents (50%) ont vécu plusieurs semaines avec leur ex-conjoint·e, le temps pour l’un·e deux de trouver un autre logement. 24% ont mis plus de 6 mois à trouver un nouveau logement stable pour leur famille (et 12% même plus d’un an).

Malgré cela, de nombreux parents finissent par devoir habiter un logement très cher par rapport à leurs revenus : 69% des familles monoparentales consacrent plus d’un tiers de leurs revenus à leur loyer ou leur crédit hypothécaire. 18% – 28% à Bruxelles – y consacrent même plus de la moitié de leur revenu ! Cela sans même prendre en compte les charges, qui ont explosé suite à la hausse du coût de l’énergie.

17% des parents solo dorment avec leurs enfants

Malgré ce coût élevé, les familles monoparentales doivent sacrifier en confort pour pouvoir se loger. Ainsi 17% d’entre elles dorment avec un ou plusieurs enfants faute de place (22% à Bruxelles). 13% des parents solo ont par ailleurs dû renoncer à habiter près de leur lieu de travail, 13% près de leurs proches et 11% près de l’école de leurs enfants. « Ceci alors que précisément, pour les familles monoparentales plus encore que pour les autres parents, les journées sont une course contre le temps entre le travail, les temps de trajet, les heures d’école et de crèche », relève Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles. « Devoir habiter loin de tous ces lieux qu’ils fréquentent quotidiennement et loin des proches qui peuvent les soutenir accroit encore leurs difficultés. » 

Leurs attentes : des aides financières et davantage de logements

Un ménage sur 10 serait une famille monoparentale en Belgique. En réalité, c’est certainement bien plus, les statistiques disponibles ne permettant pas de connaître l’ensemble des familles monoparentales. « Nous pouvons tous devenir parents solo demain et basculer dans ces difficultés », indique Christophe Cocu. « Cela appelle des réponses politiques fortes. La première attente des familles monoparentales, ce sont des aides financières pour le logement et les charges. Elles demandent aussi une augmentation de l’offre de logements abordables et de qualité. »

« Mais au-delà de ça, c’est une amélioration générale des conditions de vie des familles monoparentales que l’on attend : la question du logement ne peut être abordée de manière distincte de la conciliation entre travail et vie de famille par exemple, puisque pour avoir un logement, il faut un revenu correct, et pour avoir ce revenu, il faut aussi être en capacité de travailler tout en s’occupant seul de ses enfants. »

 

*Sondage en ligne mené du 15 au 30 septembre 2021 auprès de 801 parents wallons et 349 parents bruxellois vivant seuls, au moins la moitié du temps, avec enfant(s) de 0 à 25 ans. Ce sondage Ipsos a pu être mené grâce au soutien financier d’Ikea. La Ligue des familles a toutefois élaboré le questionnaire puis rédigé le rapport en toute indépendance, sans qu’Ikea n’intervienne ni dans le traitement des résultats, ni dans l’analyse des données, ni dans les propositions émises. Découvrez ici la synthèse de cette étude. Pour lire l'étude complète, suivez ce lien.